vendredi 7 août 2015

Corps à 37°, air à 39°, pour l'antépénultième !


Etape 28 : Aubusson – Brioude (Cohade)  153 km ; dénivelé : 1 760 m


Kilométrage depuis le départ : 4 030 km

Météo : Canicule, 39° à Issoire. Vent nul puis brise thermique l’après-midi, plutôt favorable.  


39°, jamais vu ça ! Puisque je me tue à vous dire d’arrêter de réchauffer la planète, vous n’êtes pas raisonnable !

Regardez, même les tournesols sont accablés de chaleur et courbent la tête:




Au menu, l’Auvergne, il faisait déjà 30 à 35° à mille mètres lors du passage du col de la Ventouse, non je ne suis pas resté collé mais j’aurais pu avec la chaleur et par endroit le goudron fondu. 




Dans la vallée, du côté d’Issoire, cela devait se révéler bien pire. 7 litres d’eau et de boissons diverses consommées sur 150 kilomètres, sans compter les aspersions renouvelées. J’ai donc beaucoup fréquenté les petits bars de campagne. Fallait ça !

La journée avait pourtant bien commencée. Eveil musculaire sur 5 kilomètres de montée, dès la sortie d’Aubusson… J’ai mouliné, fallait ça !

Cela m’a permis de gagner le plateau de Millevaches, je n’ai pas vérifié le nombre, j’ai fait confiance. Mille vaches, mais combien d’habitants ? Surement moins, très peu fréquenté la Creuse. Je me suis donc résigné à fêter mon 4 000e km sur le plateau dédié aux vaches, en compagnie de quelques compagnes bovines admiratives. En fait j'anticipais un peu, je n'ai franchi le cap des 4 000 qu'en fin d'étape, mais les vaches ne savent pas compter. De toute façon, elles ne peuvent pas regarder passer les trains, y’en a pas par ici, alors les cyclistes, ça occupe ! L’une m’a dit :
« Moi je fais trois pas pour brouter, ça me crève, je me couche deux heures pour ruminer ! »
Je lui ai répondu :
« Quelle vie trépidante ! Ce n’est pas un peu monotone comme activité ? »
Et vous savez ce qu’elle a osé me répondre :
« Et la tienne ? »

Du coup, je suis allé en voir une autre, plus sympa. Et on a trinqué, enfin surtout moi. Double rasade de mon bidon à ma santé, fallait ça !

Il y avait pas mal de montées, au cœur de la chaîne des Puys, mais sans pourcentages meurtriers. Un moment il faisait tellement chaud, je me suis dit que les volcans avaient dû se réveiller. Mais non, le Puy de Dôme était calme et ses enfants autour aussi. Il n’y a que Vulcania qui fume, mais ce n’était pas sur mon chemin…


chaîne des Puys. A droite le Puy de Dôme.



La fin fût la plus pénible paradoxalement, à cause d’une chaleur démente. Je me suis cru revenu en Italie dans la plaine du Pô il y a trois semaines, mais il semble que mon record de température sur ce tour soit battu aujourd’hui, à un degré près. Pas raisonnables ces Auvergnats. Du coup, aspersion d’eau et arrêt boisson aux bars sur la route, trois fois. Fallait ça !

Sur la route avec la chaleur, je voyais des mirages: des femmes nues au bord de la route qui m'acclamaient. Ne les cherchez pas sur la photo, les mirages ça sort pas bien en image...




Et là j’ai senti parfois des petites tensions entre le corps et l’esprit, comme une dualité au sein de moi-même. J’ai été le témoin d’échanges étonnants :

Le corps, 6h52 du matin, horaire de réveil : « t’es pas un peu fada ? Je te préviens, je ne me lève pas ! »
L’esprit : « c’est juste le premier pas qui coûte. »
Le corps : « non, les autres aussi… »
L’esprit : «  tu me dis ça tous les jours, et au fond, tu vois bien que ça passe. »

Le corps, 8h du matin, première côte, dès le départ : « Tu te fiches de ma gueule, c’est quoi ce parcours ? »
L’esprit, conciliant : « prends ton temps, on n’est pas pressés. »

Le corps, milieu de journée, toujours dans les côtes surchauffées : « Faudra pas venir te plaindre si ça coince… »
L’esprit, sûr de lui : « C’est là que je joue un rôle important ! »

L’esprit ne néglige pas non plus l’arme de la flatterie pour pousser le corps à avancer :

            « Tu as de belles jambes tu sais ! »

Et là, le corps préféra ne pas répondre et retourner à ses occupations.

Bien qu’ayant une approche différente sur l’activité du jour, ils étaient bien obligés de cohabiter…


Il est temps de vous dévoiler la courbe de températures (pour les étapes 29 et 30, ce sont les prévisions)


        Remarquez que le corps est resté stoïque face aux aléas climatiques.



Et demain ? 

Dilemme sur le choix du parcours. L’option directe mais truffée de voitures, où la bucolique mais plus longue de 20 km et avec plus de dénivelé. A ce stade, soyons fou, je l’étais déjà avant. Et puis je ne tiendrai pas avec le nez dans les bagnoles…

Rappel du parcours : tous les parcours dans l’article « Mes parcours » du mois de juin


Demande :

J’aimerais bien retravailler mes chroniques saisies au jour le jour de mon itinérance, alors si jamais vous avez un ami qui serait ami avec l’ami d’un éditeur, ça m’intéresse…

jeudi 6 août 2015

L'étape marathon


Etape 27:  Poitiers - Aubusson   191 km    Dénivelé: 1 570 m


Kilométrage depuis le départ:   3 877 km

Beau temps très chaud - vent absent - température: 35° dans le Limousin


Une longue étape de presque 200 kilomètres entre Poitou et Limousin. D'ailleurs hier je me disais que j'avais posé mes roues dans 4 départements le même jour (Loire-Atlantique - Vendée - Deux Sèvres - Vienne) alors que 2 semaines plus tôt j'arrivais à le faire dans 4 pays ( Suisse - Liechtenstein - Autriche - Allemagne). Oui la France est un grand pays, la traverser en diagonale en 7 jours sur 1200 km demande d'allonger la foulée. J'aurais préféré le faire en 8 jours, mais il n'y a pas de bateau tous les jours entre Plymouth et Roscoff.

Donc aujourd'hui fut la plus longue étape du périple. Avec un bon plat de côtes au menu. Et la chaleur. Mais aucun vent, il a préféré ne pas se lever.

Je suis passé par des petites villes très jolies, notamment Montmorillon (cité du livre et de l'édition), et à un degré nettement moindre Le Dorat et Aubusson (au patrimoine immatériel de l'Unesco pour la tapisserie)



Montmorillon

Le Dorat

Aubusson

Vous ne le savez peut-être pas, mais le Limousin, réputé pauvre, est la région qui compte le plus de limousines par habitant. Les voici:

vaches de la race Limousine

Attention, n'essayez pas de les traire celles-là, sinon le veau qui est à côté va faire la gueule...

Qu'ai je vu d'autre ?

un dolmen isolé, je me suis dit qu'il pourrait me servir d'abri pour la nuit...

du tournesol, beaucoup...

un vélo bizarre (le tour du Limousin démarre de ce village fin août)


J'ai peu mangé (enfin faut décrypter me connaissant), au grand dam de la pâtissière. Elle m'a dit:

"C'est tout ce que vous prenez ? Chez les autres vous preniez plus..."
Alors j'ai pris un gâteau de plus pour être poli.

Je cheminais agréablement, la plupart du temps à l'isolement sur de toutes petites routes du Limousin, prélude de la moyenne montagne de demain avec la traversée du Massif Central. Enfin agréablement, j'avais les dessous de pied qui chauffaient un peu, j'ai du m'arrêter un petit quart d'heure pour déchausser et ventiler. J'ai failli m'endormir. Oui je manque un peu de sommeil, et chaque jour vers 14h j'ai le niveau d'attention qui baisse. Alors je mets le régulateur de vitesse, mais je ne dors pas d'un bon sommeil, trop fractionné, faut se réveiller toutes les 3 secondes pour éviter le fossé.

Les fessiers vont bien par contre, j'ai eu trois jours d'adaptation un peu délicats il y a trois semaines lors du changement de vélo, mais maintenant c'est bon, mes fesses se sont habituées au nouveau moule.
Les lèvres par contre se sont crevassées, le cerveau s'est atrophié, ça c'est à cause du casque, je ne devrais pas le garder pour dormir.
L'estomac se régale de tout ce qu'il voit circuler, et il en voit.
Enfin je n'ai pas eu de crampes depuis le départ.

Mais revenons au décor: le contraste était marqué entre les deux régions traversées. Au Poitou, on relie en général deux villages par une seule longue ligne droite, il faut dire que les côteaux sont peu escarpés. Pas du tout ça dans le Limousin: ça tournicote, monte et descend tout le temps.

Je profitais de cette très longue étape pour tirer un premier bilan de ce tour, demain je franchis le cap des 4 000 bornes. Une expérience formidable, le collectif de la première semaine puis la plongée individuelle, tous ces pays traversés ! Bien sûr seulement effleurés pour certains mais voici ce que j'en ai retenu.

L'Italie du Piémont vaut par ses cols et son merveilleux lac Majeur, mais la plaine du Pô est franchement triste.

J'ai aimé la  Suisse, car la haute montagne en été à vélo, je m'y sens toujours bien. Par contre je n'ai rien compris à la langue, compliqué le Suisse...

Le Liechtenstein on en a vite fait le tour mais c'est joli.

L'Autriche je n'ai pu que l'effleurer. Le magnifique Tyrol me tendait les bras, mais il fallait faire des choix sur un mois et à vélo.

L'Allemagne du lac de Constance et de la Forêt Noire est très recommandable, en fait, suivre le Rhin est une excellente idée.

La France est belle quasiment partout, et d'une telle diversité, un des plus beaux pays du monde c'est indiscutable.

Le Luxembourg, à part pour placer son argent, je ne vois pas l'intérêt. Ce pays m'a laissé froid.

La Belgique Wallonne ce fut la tempête, difficile de l'apprécier dans ces conditions, et la Belgique des Flandres c'est quelconque, exceptée la splendide ville de Bruges.

les Pays Bas sont un formidable pays où tout est fait pour le vélo et les gens charmants, on s'y sent extrêmement bien. Je n'ai pas fait un kilomètre sur les routes, tout en piste cyclable ! Mais j'en ai bavé avec la pluie (un jour) et le vent déchaîné (2 jours), pas près de l'oublier. Mais je suis fier d'avoir fait du vélo dans la belle Amsterdam avec...mon vélo, venu à vélo !

L'Angleterre dans sa côte sud est très agréable. Le pays comme ses habitants d'ailleurs. Je ne comprends pas qu'on se soit foutu sur la gueule souvent au cours de l'histoire avec nos cousins British, franchement je les adore. Mais les routes anglaises ont des montées qui mutilent les jambes ! Circuler à gauche n'est pas un problème, mais les routes sont très dangereuses pour les cyclistes.

Voilà, ça fait dix !

Et côté incidents mécaniques ? On fera le bilan à la fin, mais pour l'instant ça baigne. J'avais crevé 7 fois en 30 jours lors de mon tour de la France 2010, là j'en suis à zéro... Il faut dire que je n'ai pas lésiné au niveau des pneus cette fois-ci, des vrais pneus de VTT en taille mais en version "slick" pour un meilleur rendement sur route. Ceci dit certains jours avec les gros pneus et le chargement, j'ai vraiment l'impression de conduire un camion et... les accélérations qui vont avec.


A j'oubliais. Concert Hard Rock sous mes fenêtres ce soir à Aubusson, non mais je te jure ! Je vais encore aggraver ma dette, de sommeil...


Et demain:

Au coeur du Massif Central, je traverse entre Puy de Dôme au nord et Mont Dore au sud.

Détail du parcours : tous les parcours dans l’article « Mes parcours » du mois de juin


Remerciements:

A moi-même, pour avoir bien géré cette longue étape en la prenant village par village sans penser au nombre de kilomètres restant à faire.



Demande :

J’aimerais bien retravailler mes chroniques saisies au jour le jour de mon itinérance dans le but d'une publication, alors si jamais vous avez un ami qui aurait un ami qui serait ami avec un éditeur, ça m'intéresse.


mercredi 5 août 2015

Avec le salut du président !


Etape 26: Clisson (Sud de Nantes) - Poitiers: 165 km  Dénivelé: 1 000 m


Kilométrage depuis le départ: 3 686 km

Météo: beau temps - vent faible - température : 31° à l'arrivée à Poitiers


Le résumé de l'étape:


Comment fait-on quand on n'a pas trop de jambes ?

Eh bien, on fait sans ! Aujourd'hui, forme moyenne, inévitable sur un aussi long parcours, on ne peut tous les jours être au mieux. Donc dans ce cas là, on reste un peu en dedans de ce que l'on sait pouvoir faire, et ça passe, ça prend juste un peu plus de temps.

Pour la méthode, le mieux c'est de laisser les jambes sur le vélo, car il faut bien que le moteur tourne, et de faire divaguer la tête ailleurs. J'ai beaucoup divagué toute la journée mais jamais gambergé. On pense à mille et une choses quand on est sur la route à vélo.

J'ai même pensé que j'étais en Gaule quand j'ai vu le nom de ce village:



C'est aussi sur le vélo que j'écris mes articles. Non je n'allume pas mon ordinateur en roulant, je ne suis pas devenu complètement cinglé, je me contente en roulant de faire des transferts de carburant entre mes bouteilles et mon bidon et aussi de manger. D'ailleurs à cette occasion je me suis aperçu en lâchant une main du guidon, que deux ce n'était pas possible. Little big horse est devenu épileptique. Si le guidon n'est plus tenu en roulant, il commence à danser dans tous les sens. Enfin ça n'a pas l'air bien grave, faut juste tenir le guidon...

Donc j'écris dans ma tête en roulant, et le soir je n'ai plus qu'à transcrire, ça se fait tout seul...

Le paysage du jour n'était pas désagréable mais n'avait rien d'extraordinaire, fait de champs de céréales et de prairies d'élevage. Les vaches me regardaient passer avec respect et sympathie, sans doute leur avait-on raconté que j'avais dit du bien d'elle dans mon blog, ou alors c'est qu'il n'y avait pas de trains !

La route était droite, trop droite parfois, on n'en voyait pas le bout. Je me suis amusé à noter la longueur, j'en ai fait une de plus de 5 kilomètres.

It's a long road, and I'm a poor lonesome cowboy


La matinée a débuté par un petit transfert automobile de Nantes nord Loire à Nantes sud Loire avec mon père, puis l'étape a démarré au charmant village de Clisson.




Après, comme j'étais en mode automatique, je me suis un peu égaré dans la ville de Bressuire. Fallait que je la traverse pour continuer mon chemin. A l'entrée, je vois marqué à un rond point, Bressuire ouest et Bressuire centre. Vous auriez fait quoi à ma place ?
J'ai fait comme vous, j'ai pris Bressuire centre. Pas de bol, c'était l'autre...
C'est une pâtissière qui m'a remis dans le droit chemin. Du coup je lui ai acheté un gâteau, c'était la moindre des choses. Quand on peut faire plaisir...
A cette occasion, j'ai découvert un nouveau GPS. Le GPS pâtissière: d'une portée limitée à une dizaine de kilomètres, mais très efficace ! D'autant plus que la couverture GPS pâtissière française n'a rien a envier au réseau 4G d'un opérateur de téléphonie mobile. Tout le territoire est couvert. Attention toutefois, entre 14h et 16h, le GPS pâtissière peut être indisponible. La pâtissière est je ne sais où, peut-être s'occupe t-elle du pâtissier, je ne veux pas le savoir, toujours est-il que ça peut faire un trou dans mon itinéraire...
Les pâtissières me regardent passer avec respect, empathie et des yeux plein d'amour, sans doute leur a-t-on raconté que je parle souvent d'elles dans mon blog !

Enfin bon, ça s'est bien passé pour la route, les éoliennes étaient à l'arrêt, donc pas de vent, et il faisait beau et chaud. Les pentes n'étaient pas non plus excessives, d'ailleurs sur le trajet j'ai trouvé ce panneau:



Inutile de vous dire qu'on ne le voit pas dans le sud de l'Angleterre, pour eux c'est considéré comme plat...

Plus loin sur l'itinéraire, j'ai rencontré Georges, le boss des Rugissants. Était-il en planque pour vérifier que je collais bien à mon itinéraire ? Non, en vacances dans l'ouest avec son épouse, du coup, on s'est retrouvé sur le parcours à Parthenay pour un pot apprécié et un moment sympathique.
Georges m'a regardé repartir avec respect et sympathie, sans doute sait-il que je vais dire du bien de lui dans mon blog !

Liliane, un gars toujours casqué & Georges


L'occasion de toucher un petit mot sur les Rugissants, groupe cyclo-sportif d'Aix en Provence avec qui j'ai fait la première semaine de mon tour.

Voici Georges, son créateur et animateur, une bien belle réussite que cette association de fous pédalants ! Il est en tenue réglementaire cette fois et j'ajoute son formidable adjoint, Fabien, c'était dans les Alpes il y a trois semaines. Georges & Fabien, des pros du vélos et de l'organisation.

Fabien

Georges


Toutes les infos sur le groupe: Les Rugissants

Après le pot offert par Georges, ça allait mieux, je crois que j'étais un peu déshydraté. Les 55 derniers kilomètres ont été beaucoup mieux avalés que les 110 premiers, c'est un paradoxe mais c'est ainsi.

Arrivée à Poitiers, place de l'hôtel de ville:





Et demain:

Direction Aubusson, pour l'étape la plus longue du parcours, on frôlera les 200 km, ou on les dépassera si je me plante sur l'itinéraire...

Détail du parcours : tous les parcours dans l’article « Mes parcours » du mois de juin


Remerciements:

A mon père pour le transfert en voiture du nord au sud de Nantes.

A Georges et son épouse pour avoir fait le détour dans leur route vers l'ouest, et me faire un coucou apprécié sur le parcours.



Demande :

J’aimerais bien retravailler mes chroniques saisies au jour le jour de mon itinérance dans le but d'une publication, alors si jamais vous avez un ami qui aurait un ami qui serait ami avec un éditeur, ça m'intéresse.

mardi 4 août 2015

Le saumon est retourné à sa source...




Etape 25: Pontivy - Nantes  155 km  Dénivelé: 960 m


Kilométrage depuis le départ: 3 521 km

Météo: Beau temps - vent modéré favorable - température à l'arrivée: 26°



Les jours se suivent et ne se ressemblent guère. Hier c'était la fête à la grenouille et je sentais des palmes me pousser entre les doigts de pied. Aujourd'hui, changement d'ambiance: très beau temps toute la journée et de plus je fus poussé toute l'étape par un vent favorable. Royal !

Retour aux sources 


Je suis arrivé à Nantes, ma belle ville natale.  A 10 km du centre pour être précis, au village de Sautron. Et j'ai été très bien accueilli ! A l'hôtel 5 étoiles où je loge, les aubergistes m'ont considéré comme leur fils. Rien d'étonnant, je suis leur fils.

Les aubergistes
le fils des aubergistes


Les petits plats dans les grands, et en plus cette émotion supplémentaire quand je leur ai demandé cette mission délicate. M'éviter la traverser de Nantes demain matin et passer du nord au sud de la ville pour un départ différé à Clisson. Et là, c'est comme un seul homme (alors qu'il y avait une femme parmi les deux) qu'ils se sont levés d'un bond pour se porter volontaire. Un petit bond, d'accord, parce qu'ils sont âgés, mais quand même. Spectacle magnifique, cela m'a fait penser à ces films de guerre américains où le capitaine (encore lui !) fait face à sa compagnie parfaitement rangée et demande 2 volontaires pour une mission suicide contre l'ennemi. Toute la compagnie fait un pas en avant ! Et bien là pareil, ma mère a bondi de sa chaise longue et mon père de son fauteuil. Du coup il a fallu choisir, car Little big horse occupe tout l'arrière de la voiture, oui c'est un petit modèle.

Tristes sires:


Ce matin avant le départ de Pontivy j'écoutais distraitement les informations puisqu'il y avait un poste de télé allumé dans la salle du petit déjeuner. ça ne m'a pas rassuré sur l'état du monde en général, et la santé mentale de certains illuminés. Entre un évêque catholique Suisse qui estime que les homosexuels méritent la peine de mort, des ultra-religieux juifs qui mettent le feu à des maisons de palestiniens et les intégristes musulmans qui continuent leurs atrocités, je me suis senti bien dans ma condition d'athée, vous ne pouvez pas savoir...
Mais quel triste monde !


Comparatif:


Faisons plus léger: comparons Grands Bretons et Bretons sur un angle particulier, leur façon d'appréhender le relief. Le Grand Breton tire droit, le Breton est plus souple. La côte anglaise est rugueuse et au pourcentage ostentatoire (jusqu'à 20%), la côte bretonne est pondérée et beaucoup moins tape à l’œil. Encore que la côte anglaise tape plus dans les jambes que dans l’œil.


Eloge de Nantes:


Nantes c'est la ville de mes 0 à 20 ans. On est jamais objectif sur sa ville natale. Même si on a plus de raison d'être fier de naître à Belendroi qu'à Moche les Oies, on est toujours attaché à son lieu de naissance. Comme les saumons, qui retournent finir leur vie dans leur rivière d'origine.

Alors soyons objectif pour une fois: Nantes est une très belle cité.

Postée sur la Loire proche de son embouchure, veinée de parcs de verdure qui accompagnent toutes les rivières qui s'y jette (Erdre, Cens, Chézine et Sèvre nantaise), à la circulation apaisée par de généreuses pistes cyclables et des lignes de tram, elle a des points communs avec Strasbourg, autre magnifique ville où je suis passé dans mon périple.
Nantes est comme scindée en deux par ses toits. Au nord de la Loire qui la coupe en son milieu, l'ardoise règne en maître. Au sud, c'est le royaume de la tuile.
Ses machines de l'île, la troupe Royal de Luxe, délires joyeux et démesurés réoccupent culturellement un port que son activité maritime a peu à peu déserté.
Nantes c'est une ville où il fait bon vivre, tout simplement.
Et puis à Nantes, il y avait les Canaris dont le brillant football a bercé toute ma jeunesse. Mais c'était un temps où l'attachement à un club avait encore un sens.
La cité doit beaucoup reconnaissons le à son maire pendant plus de 20 ans, Jean-Marc Ayrault. J'ai beau porter à gauche, il ne m'a guère convaincu comme premier ministre, mais comme maire, un travail épatant !
Et pour finir, la question rituelle: Nantes est-ce que c'est encore la Bretagne ? A cette question qui m'a énervé disons de 0 à 52 ans quand on me la posait, je n'ai qu'une réponse et elle n'est pas administrative. Si vous voulez voir le très beau château des Ducs de Bretagne, ne le cherchez ni à Rennes, ni à Brest, ni dans aucune autre ville bretonne, c'est à Nantes qu'il se trouve, au cœur de la cité.

château des Ducs de Bretagne

Passage Pommeraye

Port et anneaux colorés de Buren

Place Graslin

Les machines de l'Ile


Sautron, je ne t'oublie pas:


Un petit mot du village de Sautron, à 10 km au nord ouest de Nantes. Quand nous sommes arrivés, c'était en 1968, j'étais trop petit pour lancer des pavés en mai car j'avais 5 ans, et puis de toute façon ça ne se faisait pas à la campagne. Nous avons emménagé avec mes parents dans le premier lotissement créé dans le village. J'y ai vécu avec joie, mon enfance et mon adolescence, donc des souvenirs forts de 1968 à 1984 (oui, j'ai fini l'adolescence tard...) J'ai vu ce village évoluer, devenir une petite ville, progressivement rattrapé aussi par l'extension de Nantes toute proche. Mais il a su garder son cadre agréable, sans jamais se défigurer, et il y fait très bon vivre.
Je vous disais que la mairie de Nantes, à gauche depuis 30 ans, avait fait du bon boulot. A Sautron, ça a toujours voté à droite. Et ils ont fait de l'aussi bon boulot. Comme quoi, il ne faut jamais être trop manichéen...




4 fruits et légumes par jour:


C'est important de manger équilibré. Surtout pour vous qui manquez d'exercice. Hier je vous ai parlé du Kouign Aman. Et certains m'ont fait la remarque que c'était peut-être un peu gras. Possible, je n'ai pas remarqué. Alors aujourd'hui laissez moi vous parler d'un autre gâteau plus diététique, le far breton.

Le far breton, c'est comment dire, une crêpe qui aurait mal tournée. Au lieu de croître à plat, elle se serait élevée sur 3 centimètres d'épaisseur, c'est un minimum. Alors il y a quoi dans la recette du far breton ? Du lait entier, du beurre salé, du sucre, de la farine et des œufs. Et maintenant, suivez bien mon raisonnement:

le lait c'est quoi ? comme je vous l'ai déjà expliqué, c'est de l'herbe à la base. Suffit de mettre une vache entre les deux, à l'entrée l'herbe, à la sortie, le lait. Et vous n'allez pas me dire que manger de l'herbe ou de la salade n'est pas bon pour la santé !
Le beurre c'est quoi ? C'est de l'herbe transformée par la vache et bonifiée par l'homme.
Le sucre, c'est quoi ? De la betterave ou de la canne à sucre, toujours du végétal, excellent !
La farine, c'est quoi ? Bein du blé moulu pardi, une céréale, on baigne dans le végétal !
Et les œufs ? Avant de sortir du cul de la poule, faut bien qu'il se passe quelque chose à l'entrée. Et elle mange quoi la poule ? Tout ce qu'elle trouve d'accord. Mais bon, une petite préférence pour les céréales quand même. Donc un oeuf c'est quoi ? des corn-flakes emballé dans une coquille.
Et avec tout ça vous voudriez que le far breton ne soit pas un aliment recommandé par tous les nutritionnistes dignes de ce nom ?


Quelques images du jour:

Château de Josselin

La Gacilly

canal de Nantes à Brest

convoi exceptionnel obstruant un village

Redon





Puisque je quitte la Bretagne demain, je ne résiste pas à l'envie de vous montrer les deux plus belles maisons bretonnes que je connaisse. (je précise que les photos datent de 2010 lors du précédent tour car elles ne figuraient pas sur mes routes de celui-ci)

Maison de Saint Cado (Morbihan)
Maison sur son rocher à St Cado - Ria d'Etel
Maison de Pors-Hir (côtes d'Armor)
Porz Hir, la maison entre deux rochers

Et demain:

Direction Poitiers, une ville que je vais découvrir et qu'on dit fort belle, je ne connais que le Futuroscope...

Rappel du parcours : tous les parcours dans l’article « Mes parcours » du mois de juin


Remerciements:

A mes parents bien sûr, Gisèle et Lionel Pallier !  :-)

A la mairie de Sautron, pour leur accueil:
M. Frédéric Sauton, directeur de la communication à la mairie et M. Christian Bodinier, premier adjoint, délégué au sport et cycliste lui-même.

A Mesdames Lysiane Marc, correspondante pour le journal Presse Océan et  Margaux Malinge pour le journal Ouest France.



Demande :

J’aimerais bien retravailler mes chroniques saisies au jour le jour de mon itinérance dans le but d'une publication, alors si jamais vous avez un ami qui aurait un ami qui serait ami avec un éditeur, ça m'intéresse.


lundi 3 août 2015

Bretagne nord, belle région, climat un tantinet ingrat


Etape 24 : Roscoff (France) - Pontivy  139 km ; dénivelé : 1 700 m


Kilométrage depuis le départ : 3 366 km

Météo : Pluie forte tout le trajet. Vent modéré direction variable.  Température : 20° maxi


L’étape du jour sous le signe de la pluie. Du petit crachin d’accueil à Roscoff, alors que j’avais eu si beau en Angleterre, à la pluie forte à partir de Morlaix, une compagne pour la journée…

Arrivée à Roscoff

baie de Morlaix


Morlaix


Mais tout avait commencé bien avant. A Plymouth, vers 22h la veille. En attente avec 6 autres cyclistes du chargement à bord du Ferry, dont un jeune Anglais qui allait sur Brest le lendemain, habillé plus explorateur que cycliste et un Danois vivant en Angleterre qui partait faire deux semaines en Bretagne. 

C’est long à charger ce type de bateau. 170 mètres de long, 120 hommes d’équipage, 1500 passagers et une capacité d’accueil de 470 voitures. Et donc 7 vélos. A minuit on était à bord, vélo attaché dans la cale.



Donc je monte les ponts pour gagner le niveau où se trouve mon siège.



Ok, type avion, dormir assis, va falloir trouver autre chose. Mais avant je fais un tour du navire pour voir à qui j’ai affaire. Je contrôle les issues de secours et les canots de sauvetages, je ne trouve pas ma place réservée dessus. Sans doute qu’en cas de naufrage, ils font un tirage au sort. Je ne me formalise pas, contrôle mon vis-à-vis et désarme les toboggans et je m’apprête à aller me coucher, vu qu’il est quand même 1 heure du matin, heure française. 

Mais avant je décide d’aller prendre un peu l’air (frisquet) à la poupe du navire. Pour ceux qui seraient peu au fait du vocabulaire maritime, la proue c’est l’avant et la poupe l’arrière. Pensez à Léonardo Di Caprio qui enlace Kate Winslet dans le film Titanic, ils sont à la proue. Moi j’étais sans Kate Winslet et à la poupe. Et là machinalement je regarde le sillage du navire. Et j’ai tout de suite été intrigué par un détail. 

Il manquait d’éclat et de longueur. Pas normal, je me dis, il n’est pas à fond le raffiot ! Ni une ni deux, je rentre à l’intérieur pour qu’il mette un peu les watts, si c’est plus cher niveau mazout, on se cotisera. J’alpague le premier marin qui passe, furax, vu que j’ai une étape à faire à vélo tout à l’heure et que je ne suis pas là pour faire une croisière d’agrément, moi. J’ai failli parler Américain parce que j’étais en colère, mais je suis resté sur l’Anglais :
« Sorry sir, I wan’t to talk to the Captain immediately ! »
Il me répond:
“Vous parlez français ?” dans un français impeccable.
J’avais oublié que j’étais sur un bateau français, vu que les British ont trusté plus des ¾ du trafic transmanche.

Donc autant vous dire que le Capitaine je ne l’ai jamais vu, pas plus que le reste de sa seigneurie maritime, ils sont tous sur la passerelle et te regardent de haut !
Vous allez me dire, ils n’ont pas que ça a faire, ils ont un bateau à piloter. Excusez-moi mais avec un gros moteur à l’arrière et des propulseurs d’étrave, ça se gare mieux qu’une Twingo.
Vous allez me dire encore qu’ils ont la responsabilité de milliers de vies. Excusez-moi encore mais regardez ce capitaine italien de la compagnie Costa qui a posé son paquebot sur une île en le prenant pour un hors-bord, et bien Costa croisières continue à faire des bénéfices. Donc ils ont droit aux pertes, comme à l’armée.

Enfin, dépité, je suis allé parler de tout ça avec le plus haut placé dans la hiérarchie du bord qui ait accepté de me parler, le barman. Je lui dis qu’on aurait pu gagner facile deux heures sur la traversée, et que c’est comme les trains couchette, on se traîne pour que le touriste passe une nuit complète à bord, et rentabiliser les cabines. Et vous savez tout ce qu’il a trouvé à me dire ?
« Vous voulez quelque chose à boire ? »

J’ai quitté le bar à bout d'arguments, et j’ai recherché un salon pour dormir. J’ai squatté 3 sièges, juste ma longueur, parfait. Enfin presque parce les sièges sont un peu relevés sur les côtés et séparés de 20 cm, donc j’ai dormi un peu dispersé, voir éparpillé. Et un peu cassé du dos aussi, je me réveillais toutes les heures, j’ai dû dormir 3 heures maxi. Ceci étant, il y avait une bonne houle et le bateau roulait sensiblement, comme une berceuse pour dormir.

On arrive à Roscoff, magnifique petit crachin. J’ai pensé que ce n’était pas une très bonne publicité pour ma Bretagne natale, surtout après 4 jours sans une goutte en Grande Bretagne.
Mais le crachin s’est vite lassé, vers Morlaix au bout de 20 bornes, pour faire place à…une pluie battante toute la journée jusqu’à Pontivy où je me suis arrêté et la pluie…aussi. Le soleil a tenté une seule percée dans la journée, vite renvoyé à ses études par le rideau de nuages. C’est embêtant comme image de retour en France, on comprend que certains s’exilent, et pas que pour des raisons fiscales. 

De plus ce n’est pas le climat habituel de la Bretagne. On vante souvent Embrun, au bout du lac de Serre-Ponçon, comme la ville la plus ensoleillée de France, quelque chose comme 300 jours par an. Mais ici, on fait bien mieux. 500 à 600 jours de soleil par an ne sont pas rares. Et pourquoi ? Parce que le soleil vient plusieurs fois par jour ! La pluie aussi, mais voyez plutôt le verre à moitié plein.

A partir de Morlaix, j’ai quitté le pays de l’Armor (la Bretagne de la mer) pour l’Argoat (la Bretagne des terres). Je presse le pas en direction de Callac. J’avais juste mangé un scone acheté la veille à Plymouth, je commençais à avoir faim, je comptais m’arrêter chez la pâtissière. Mais je ne sais pas qui a fait le parcours, ah si c’est moi, je ne suis passé que par des petits patelins perdus où tout était fermé. J’ai fait l’étape avec un scone dans le ventre et une barre énergétique, tout le reste des provisions énergétiques étant dans le sac sous double bache de protection, je n'allais pas m'amuser à tout ressortir. Autant dire que j’avais les crocs à l’arrivée !

Et c’est bien dommage parce que je comptais acheter un gâteau breton sur le chemin. Le Knouign aman à Lolo, c’est un peu la madeleine de Proust. Et c’est meilleur. Il faut que je vous parle du knouign aman.
Vous connaissez tous le quatre quart. Le knouign aman, c’est plutôt le deux moitiés. 50% beurre, 50% sucre en gros, on rajoute juste un peu de pâte à pain pour que ça se tienne lors de la cuisson. Un bon knouign aman, le beurre doit te murmurer à l’oreille et te pétiller à l’œil lorsque tu appuies dessus. Du sucre, de la graisse, idéal pour fournir l’énergie immédiate et différé pour le cycliste de passage. Mais attention, le vrai knouign aman, c’est à Douarnenez qu’on le fait, et ce n’était pas sur ma route. Je le sais parce qu’une fois en juillet 2010, le 22 je crois, vers 16h10 approximativement, j’étais en train de boucler une étape de mon tour de la France entre Saint-Brieuc et Douarnenez et je passe par le joli village de Locronan, à 5 kilomètres dans les terres au-dessus de Douarnenez. Et là j’ai acheté ce gâteau. Il faut dire que j’en avais un très bon souvenir, quand j’étais venu la première fois avec des copains en 1987, mais je n’arrive plus à me rappeler ni le jour, ni l’heure. Bref, quand j’ai raconté ça à mon père ! Il me l’a dit :
« Le vrai knouign aman, c’est Douarnenez ! »
J’ai répondu que ce n’était pas possible qu’en 5 kilomètres ils aient perdu la recette, mais il n’en a pas démordu, il a des principes. Ceci dit, il était délicieux et m’a bien aidé à finir l’étape, 5 kilomètres, en descente…
Mais pourquoi je dis ça, je ne sais plus au fond, c’est comme Proust, je fais des phrases trop longues.

Bref je continue ma route sous la pluie et j’arrive à Callac. Vu ce qu’il tombait, je n’avais même pas remarqué, du coup j’interroge un des rares habitants dehors pourquoi je ne vois plus de panneaux indicateur de Callac. Mais parce que vous y êtes ! Je suis reparti discrètement…

Sur le chemin, je croise des chevaux bretons. Faut que je vous parle du cheval : il m’inspire moins que la vache, le porc ou le mouton, parce qu’il ne se mange pas. A la rigueur on en retrouve parfois par inadvertance dans des plats de lasagnes avariés, mais bon. Le cheval breton, c’est du lourd. Si vous cherchez un motoculteur pour votre potager, prenez plutôt un cheval breton, il vous labourera votre parcelle en deux coups de cuillère à pot.


cousins bretons de Little big horse


Comme il pleuvait et que je n’avais rien à faire à part rouler et cogiter, je repensais à ma tournée en Angleterre. Je vous ai déjà parlé du GPS Augustin et du GPS Garmin. Mais il faut que je vous parle du GPS Anglais.
C’était à Weymouth avant-hier. Je devais poursuivre mon chemin après cette charmante station balnéaire et je m’arrête devant un habitant du coin pour rechercher un village. Il commence à m’expliquer comment y aller. J’ai cru qu’il allait me décrire le parcours pour y aller mètre par mètre ! Tout en anglais évidemment, j’ai décroché assez vite. Mais il continuait son explication. Au bout de 5 minutes je m’étais endormi sur le guidon de mon vélo, il me réveille et me dit :
« Understood ? »
Poli, je fais : « Yes ! Straight through ! »
Et effectivement, c’était tout droit.
Le GPS anglais se perd trop dans les détails…

A la fin de mon parcours, je devais passer par la côte de Mur de Bretagne et le lac artificiel de Guerlédan, qui est vidé de son eau pour six mois, ce qui n’est pas arrivé depuis 1975. Même si le poncho avait encore fait du bon travail sur cette étape, je n’avais pied qu’à partir du nombril depuis un moment déjà. J’ai donc décidé de couper direct entre les deux pour filer sur Pontivy (8 km en moins). Je me suis dit la chose suivante : la côte de Mur de Bretagne passerait parfaitement incognito si elle se situait dans le Devon en Angleterre, là-bas des murs, y’a que ça !

Et pour le lac, j’ai estimé qu’avec la quantité de flotte qu’il était tombé aujourd’hui, il y avait peu de chance qu’il soit encore vide…

Demain, la Bretagne sud, beau temps annoncé, cela fera du bien.

Sur ce, kenavo !

Quelques images:

Arrivée à Pontivy (rivière: Le Blavet)

vélo spécialisé transport d'oignons

vaches bien garées, en épi. A noter que celle du fond a du mal à finir son créneau.

St Pol de Léon

St Pol de Léon


Et demain ? Nantes ! J'y suis né, c'était il y a 52 ans. Hébergement prévu en hôtel 5 étoiles: chez mes parents.

Rappel du parcours : tous les parcours dans l’article « Mes parcours » du mois de juin

Remerciements :
A Aline Gadin, du Pontivy journal.

Demande :
J’aimerais bien retravailler mes chroniques saisies au jour le jour de mon itinérance dans le but d'une publication, alors si jamais vous avez un ami qui aurait un ami qui serait ami avec un éditeur, ça m'intéresse.