mercredi 5 août 2015

Avec le salut du président !


Etape 26: Clisson (Sud de Nantes) - Poitiers: 165 km  Dénivelé: 1 000 m


Kilométrage depuis le départ: 3 686 km

Météo: beau temps - vent faible - température : 31° à l'arrivée à Poitiers


Le résumé de l'étape:


Comment fait-on quand on n'a pas trop de jambes ?

Eh bien, on fait sans ! Aujourd'hui, forme moyenne, inévitable sur un aussi long parcours, on ne peut tous les jours être au mieux. Donc dans ce cas là, on reste un peu en dedans de ce que l'on sait pouvoir faire, et ça passe, ça prend juste un peu plus de temps.

Pour la méthode, le mieux c'est de laisser les jambes sur le vélo, car il faut bien que le moteur tourne, et de faire divaguer la tête ailleurs. J'ai beaucoup divagué toute la journée mais jamais gambergé. On pense à mille et une choses quand on est sur la route à vélo.

J'ai même pensé que j'étais en Gaule quand j'ai vu le nom de ce village:



C'est aussi sur le vélo que j'écris mes articles. Non je n'allume pas mon ordinateur en roulant, je ne suis pas devenu complètement cinglé, je me contente en roulant de faire des transferts de carburant entre mes bouteilles et mon bidon et aussi de manger. D'ailleurs à cette occasion je me suis aperçu en lâchant une main du guidon, que deux ce n'était pas possible. Little big horse est devenu épileptique. Si le guidon n'est plus tenu en roulant, il commence à danser dans tous les sens. Enfin ça n'a pas l'air bien grave, faut juste tenir le guidon...

Donc j'écris dans ma tête en roulant, et le soir je n'ai plus qu'à transcrire, ça se fait tout seul...

Le paysage du jour n'était pas désagréable mais n'avait rien d'extraordinaire, fait de champs de céréales et de prairies d'élevage. Les vaches me regardaient passer avec respect et sympathie, sans doute leur avait-on raconté que j'avais dit du bien d'elle dans mon blog, ou alors c'est qu'il n'y avait pas de trains !

La route était droite, trop droite parfois, on n'en voyait pas le bout. Je me suis amusé à noter la longueur, j'en ai fait une de plus de 5 kilomètres.

It's a long road, and I'm a poor lonesome cowboy


La matinée a débuté par un petit transfert automobile de Nantes nord Loire à Nantes sud Loire avec mon père, puis l'étape a démarré au charmant village de Clisson.




Après, comme j'étais en mode automatique, je me suis un peu égaré dans la ville de Bressuire. Fallait que je la traverse pour continuer mon chemin. A l'entrée, je vois marqué à un rond point, Bressuire ouest et Bressuire centre. Vous auriez fait quoi à ma place ?
J'ai fait comme vous, j'ai pris Bressuire centre. Pas de bol, c'était l'autre...
C'est une pâtissière qui m'a remis dans le droit chemin. Du coup je lui ai acheté un gâteau, c'était la moindre des choses. Quand on peut faire plaisir...
A cette occasion, j'ai découvert un nouveau GPS. Le GPS pâtissière: d'une portée limitée à une dizaine de kilomètres, mais très efficace ! D'autant plus que la couverture GPS pâtissière française n'a rien a envier au réseau 4G d'un opérateur de téléphonie mobile. Tout le territoire est couvert. Attention toutefois, entre 14h et 16h, le GPS pâtissière peut être indisponible. La pâtissière est je ne sais où, peut-être s'occupe t-elle du pâtissier, je ne veux pas le savoir, toujours est-il que ça peut faire un trou dans mon itinéraire...
Les pâtissières me regardent passer avec respect, empathie et des yeux plein d'amour, sans doute leur a-t-on raconté que je parle souvent d'elles dans mon blog !

Enfin bon, ça s'est bien passé pour la route, les éoliennes étaient à l'arrêt, donc pas de vent, et il faisait beau et chaud. Les pentes n'étaient pas non plus excessives, d'ailleurs sur le trajet j'ai trouvé ce panneau:



Inutile de vous dire qu'on ne le voit pas dans le sud de l'Angleterre, pour eux c'est considéré comme plat...

Plus loin sur l'itinéraire, j'ai rencontré Georges, le boss des Rugissants. Était-il en planque pour vérifier que je collais bien à mon itinéraire ? Non, en vacances dans l'ouest avec son épouse, du coup, on s'est retrouvé sur le parcours à Parthenay pour un pot apprécié et un moment sympathique.
Georges m'a regardé repartir avec respect et sympathie, sans doute sait-il que je vais dire du bien de lui dans mon blog !

Liliane, un gars toujours casqué & Georges


L'occasion de toucher un petit mot sur les Rugissants, groupe cyclo-sportif d'Aix en Provence avec qui j'ai fait la première semaine de mon tour.

Voici Georges, son créateur et animateur, une bien belle réussite que cette association de fous pédalants ! Il est en tenue réglementaire cette fois et j'ajoute son formidable adjoint, Fabien, c'était dans les Alpes il y a trois semaines. Georges & Fabien, des pros du vélos et de l'organisation.

Fabien

Georges


Toutes les infos sur le groupe: Les Rugissants

Après le pot offert par Georges, ça allait mieux, je crois que j'étais un peu déshydraté. Les 55 derniers kilomètres ont été beaucoup mieux avalés que les 110 premiers, c'est un paradoxe mais c'est ainsi.

Arrivée à Poitiers, place de l'hôtel de ville:





Et demain:

Direction Aubusson, pour l'étape la plus longue du parcours, on frôlera les 200 km, ou on les dépassera si je me plante sur l'itinéraire...

Détail du parcours : tous les parcours dans l’article « Mes parcours » du mois de juin


Remerciements:

A mon père pour le transfert en voiture du nord au sud de Nantes.

A Georges et son épouse pour avoir fait le détour dans leur route vers l'ouest, et me faire un coucou apprécié sur le parcours.



Demande :

J’aimerais bien retravailler mes chroniques saisies au jour le jour de mon itinérance dans le but d'une publication, alors si jamais vous avez un ami qui aurait un ami qui serait ami avec un éditeur, ça m'intéresse.

mardi 4 août 2015

Le saumon est retourné à sa source...




Etape 25: Pontivy - Nantes  155 km  Dénivelé: 960 m


Kilométrage depuis le départ: 3 521 km

Météo: Beau temps - vent modéré favorable - température à l'arrivée: 26°



Les jours se suivent et ne se ressemblent guère. Hier c'était la fête à la grenouille et je sentais des palmes me pousser entre les doigts de pied. Aujourd'hui, changement d'ambiance: très beau temps toute la journée et de plus je fus poussé toute l'étape par un vent favorable. Royal !

Retour aux sources 


Je suis arrivé à Nantes, ma belle ville natale.  A 10 km du centre pour être précis, au village de Sautron. Et j'ai été très bien accueilli ! A l'hôtel 5 étoiles où je loge, les aubergistes m'ont considéré comme leur fils. Rien d'étonnant, je suis leur fils.

Les aubergistes
le fils des aubergistes


Les petits plats dans les grands, et en plus cette émotion supplémentaire quand je leur ai demandé cette mission délicate. M'éviter la traverser de Nantes demain matin et passer du nord au sud de la ville pour un départ différé à Clisson. Et là, c'est comme un seul homme (alors qu'il y avait une femme parmi les deux) qu'ils se sont levés d'un bond pour se porter volontaire. Un petit bond, d'accord, parce qu'ils sont âgés, mais quand même. Spectacle magnifique, cela m'a fait penser à ces films de guerre américains où le capitaine (encore lui !) fait face à sa compagnie parfaitement rangée et demande 2 volontaires pour une mission suicide contre l'ennemi. Toute la compagnie fait un pas en avant ! Et bien là pareil, ma mère a bondi de sa chaise longue et mon père de son fauteuil. Du coup il a fallu choisir, car Little big horse occupe tout l'arrière de la voiture, oui c'est un petit modèle.

Tristes sires:


Ce matin avant le départ de Pontivy j'écoutais distraitement les informations puisqu'il y avait un poste de télé allumé dans la salle du petit déjeuner. ça ne m'a pas rassuré sur l'état du monde en général, et la santé mentale de certains illuminés. Entre un évêque catholique Suisse qui estime que les homosexuels méritent la peine de mort, des ultra-religieux juifs qui mettent le feu à des maisons de palestiniens et les intégristes musulmans qui continuent leurs atrocités, je me suis senti bien dans ma condition d'athée, vous ne pouvez pas savoir...
Mais quel triste monde !


Comparatif:


Faisons plus léger: comparons Grands Bretons et Bretons sur un angle particulier, leur façon d'appréhender le relief. Le Grand Breton tire droit, le Breton est plus souple. La côte anglaise est rugueuse et au pourcentage ostentatoire (jusqu'à 20%), la côte bretonne est pondérée et beaucoup moins tape à l’œil. Encore que la côte anglaise tape plus dans les jambes que dans l’œil.


Eloge de Nantes:


Nantes c'est la ville de mes 0 à 20 ans. On est jamais objectif sur sa ville natale. Même si on a plus de raison d'être fier de naître à Belendroi qu'à Moche les Oies, on est toujours attaché à son lieu de naissance. Comme les saumons, qui retournent finir leur vie dans leur rivière d'origine.

Alors soyons objectif pour une fois: Nantes est une très belle cité.

Postée sur la Loire proche de son embouchure, veinée de parcs de verdure qui accompagnent toutes les rivières qui s'y jette (Erdre, Cens, Chézine et Sèvre nantaise), à la circulation apaisée par de généreuses pistes cyclables et des lignes de tram, elle a des points communs avec Strasbourg, autre magnifique ville où je suis passé dans mon périple.
Nantes est comme scindée en deux par ses toits. Au nord de la Loire qui la coupe en son milieu, l'ardoise règne en maître. Au sud, c'est le royaume de la tuile.
Ses machines de l'île, la troupe Royal de Luxe, délires joyeux et démesurés réoccupent culturellement un port que son activité maritime a peu à peu déserté.
Nantes c'est une ville où il fait bon vivre, tout simplement.
Et puis à Nantes, il y avait les Canaris dont le brillant football a bercé toute ma jeunesse. Mais c'était un temps où l'attachement à un club avait encore un sens.
La cité doit beaucoup reconnaissons le à son maire pendant plus de 20 ans, Jean-Marc Ayrault. J'ai beau porter à gauche, il ne m'a guère convaincu comme premier ministre, mais comme maire, un travail épatant !
Et pour finir, la question rituelle: Nantes est-ce que c'est encore la Bretagne ? A cette question qui m'a énervé disons de 0 à 52 ans quand on me la posait, je n'ai qu'une réponse et elle n'est pas administrative. Si vous voulez voir le très beau château des Ducs de Bretagne, ne le cherchez ni à Rennes, ni à Brest, ni dans aucune autre ville bretonne, c'est à Nantes qu'il se trouve, au cœur de la cité.

château des Ducs de Bretagne

Passage Pommeraye

Port et anneaux colorés de Buren

Place Graslin

Les machines de l'Ile


Sautron, je ne t'oublie pas:


Un petit mot du village de Sautron, à 10 km au nord ouest de Nantes. Quand nous sommes arrivés, c'était en 1968, j'étais trop petit pour lancer des pavés en mai car j'avais 5 ans, et puis de toute façon ça ne se faisait pas à la campagne. Nous avons emménagé avec mes parents dans le premier lotissement créé dans le village. J'y ai vécu avec joie, mon enfance et mon adolescence, donc des souvenirs forts de 1968 à 1984 (oui, j'ai fini l'adolescence tard...) J'ai vu ce village évoluer, devenir une petite ville, progressivement rattrapé aussi par l'extension de Nantes toute proche. Mais il a su garder son cadre agréable, sans jamais se défigurer, et il y fait très bon vivre.
Je vous disais que la mairie de Nantes, à gauche depuis 30 ans, avait fait du bon boulot. A Sautron, ça a toujours voté à droite. Et ils ont fait de l'aussi bon boulot. Comme quoi, il ne faut jamais être trop manichéen...




4 fruits et légumes par jour:


C'est important de manger équilibré. Surtout pour vous qui manquez d'exercice. Hier je vous ai parlé du Kouign Aman. Et certains m'ont fait la remarque que c'était peut-être un peu gras. Possible, je n'ai pas remarqué. Alors aujourd'hui laissez moi vous parler d'un autre gâteau plus diététique, le far breton.

Le far breton, c'est comment dire, une crêpe qui aurait mal tournée. Au lieu de croître à plat, elle se serait élevée sur 3 centimètres d'épaisseur, c'est un minimum. Alors il y a quoi dans la recette du far breton ? Du lait entier, du beurre salé, du sucre, de la farine et des œufs. Et maintenant, suivez bien mon raisonnement:

le lait c'est quoi ? comme je vous l'ai déjà expliqué, c'est de l'herbe à la base. Suffit de mettre une vache entre les deux, à l'entrée l'herbe, à la sortie, le lait. Et vous n'allez pas me dire que manger de l'herbe ou de la salade n'est pas bon pour la santé !
Le beurre c'est quoi ? C'est de l'herbe transformée par la vache et bonifiée par l'homme.
Le sucre, c'est quoi ? De la betterave ou de la canne à sucre, toujours du végétal, excellent !
La farine, c'est quoi ? Bein du blé moulu pardi, une céréale, on baigne dans le végétal !
Et les œufs ? Avant de sortir du cul de la poule, faut bien qu'il se passe quelque chose à l'entrée. Et elle mange quoi la poule ? Tout ce qu'elle trouve d'accord. Mais bon, une petite préférence pour les céréales quand même. Donc un oeuf c'est quoi ? des corn-flakes emballé dans une coquille.
Et avec tout ça vous voudriez que le far breton ne soit pas un aliment recommandé par tous les nutritionnistes dignes de ce nom ?


Quelques images du jour:

Château de Josselin

La Gacilly

canal de Nantes à Brest

convoi exceptionnel obstruant un village

Redon





Puisque je quitte la Bretagne demain, je ne résiste pas à l'envie de vous montrer les deux plus belles maisons bretonnes que je connaisse. (je précise que les photos datent de 2010 lors du précédent tour car elles ne figuraient pas sur mes routes de celui-ci)

Maison de Saint Cado (Morbihan)
Maison sur son rocher à St Cado - Ria d'Etel
Maison de Pors-Hir (côtes d'Armor)
Porz Hir, la maison entre deux rochers

Et demain:

Direction Poitiers, une ville que je vais découvrir et qu'on dit fort belle, je ne connais que le Futuroscope...

Rappel du parcours : tous les parcours dans l’article « Mes parcours » du mois de juin


Remerciements:

A mes parents bien sûr, Gisèle et Lionel Pallier !  :-)

A la mairie de Sautron, pour leur accueil:
M. Frédéric Sauton, directeur de la communication à la mairie et M. Christian Bodinier, premier adjoint, délégué au sport et cycliste lui-même.

A Mesdames Lysiane Marc, correspondante pour le journal Presse Océan et  Margaux Malinge pour le journal Ouest France.



Demande :

J’aimerais bien retravailler mes chroniques saisies au jour le jour de mon itinérance dans le but d'une publication, alors si jamais vous avez un ami qui aurait un ami qui serait ami avec un éditeur, ça m'intéresse.


lundi 3 août 2015

Bretagne nord, belle région, climat un tantinet ingrat


Etape 24 : Roscoff (France) - Pontivy  139 km ; dénivelé : 1 700 m


Kilométrage depuis le départ : 3 366 km

Météo : Pluie forte tout le trajet. Vent modéré direction variable.  Température : 20° maxi


L’étape du jour sous le signe de la pluie. Du petit crachin d’accueil à Roscoff, alors que j’avais eu si beau en Angleterre, à la pluie forte à partir de Morlaix, une compagne pour la journée…

Arrivée à Roscoff

baie de Morlaix


Morlaix


Mais tout avait commencé bien avant. A Plymouth, vers 22h la veille. En attente avec 6 autres cyclistes du chargement à bord du Ferry, dont un jeune Anglais qui allait sur Brest le lendemain, habillé plus explorateur que cycliste et un Danois vivant en Angleterre qui partait faire deux semaines en Bretagne. 

C’est long à charger ce type de bateau. 170 mètres de long, 120 hommes d’équipage, 1500 passagers et une capacité d’accueil de 470 voitures. Et donc 7 vélos. A minuit on était à bord, vélo attaché dans la cale.



Donc je monte les ponts pour gagner le niveau où se trouve mon siège.



Ok, type avion, dormir assis, va falloir trouver autre chose. Mais avant je fais un tour du navire pour voir à qui j’ai affaire. Je contrôle les issues de secours et les canots de sauvetages, je ne trouve pas ma place réservée dessus. Sans doute qu’en cas de naufrage, ils font un tirage au sort. Je ne me formalise pas, contrôle mon vis-à-vis et désarme les toboggans et je m’apprête à aller me coucher, vu qu’il est quand même 1 heure du matin, heure française. 

Mais avant je décide d’aller prendre un peu l’air (frisquet) à la poupe du navire. Pour ceux qui seraient peu au fait du vocabulaire maritime, la proue c’est l’avant et la poupe l’arrière. Pensez à Léonardo Di Caprio qui enlace Kate Winslet dans le film Titanic, ils sont à la proue. Moi j’étais sans Kate Winslet et à la poupe. Et là machinalement je regarde le sillage du navire. Et j’ai tout de suite été intrigué par un détail. 

Il manquait d’éclat et de longueur. Pas normal, je me dis, il n’est pas à fond le raffiot ! Ni une ni deux, je rentre à l’intérieur pour qu’il mette un peu les watts, si c’est plus cher niveau mazout, on se cotisera. J’alpague le premier marin qui passe, furax, vu que j’ai une étape à faire à vélo tout à l’heure et que je ne suis pas là pour faire une croisière d’agrément, moi. J’ai failli parler Américain parce que j’étais en colère, mais je suis resté sur l’Anglais :
« Sorry sir, I wan’t to talk to the Captain immediately ! »
Il me répond:
“Vous parlez français ?” dans un français impeccable.
J’avais oublié que j’étais sur un bateau français, vu que les British ont trusté plus des ¾ du trafic transmanche.

Donc autant vous dire que le Capitaine je ne l’ai jamais vu, pas plus que le reste de sa seigneurie maritime, ils sont tous sur la passerelle et te regardent de haut !
Vous allez me dire, ils n’ont pas que ça a faire, ils ont un bateau à piloter. Excusez-moi mais avec un gros moteur à l’arrière et des propulseurs d’étrave, ça se gare mieux qu’une Twingo.
Vous allez me dire encore qu’ils ont la responsabilité de milliers de vies. Excusez-moi encore mais regardez ce capitaine italien de la compagnie Costa qui a posé son paquebot sur une île en le prenant pour un hors-bord, et bien Costa croisières continue à faire des bénéfices. Donc ils ont droit aux pertes, comme à l’armée.

Enfin, dépité, je suis allé parler de tout ça avec le plus haut placé dans la hiérarchie du bord qui ait accepté de me parler, le barman. Je lui dis qu’on aurait pu gagner facile deux heures sur la traversée, et que c’est comme les trains couchette, on se traîne pour que le touriste passe une nuit complète à bord, et rentabiliser les cabines. Et vous savez tout ce qu’il a trouvé à me dire ?
« Vous voulez quelque chose à boire ? »

J’ai quitté le bar à bout d'arguments, et j’ai recherché un salon pour dormir. J’ai squatté 3 sièges, juste ma longueur, parfait. Enfin presque parce les sièges sont un peu relevés sur les côtés et séparés de 20 cm, donc j’ai dormi un peu dispersé, voir éparpillé. Et un peu cassé du dos aussi, je me réveillais toutes les heures, j’ai dû dormir 3 heures maxi. Ceci étant, il y avait une bonne houle et le bateau roulait sensiblement, comme une berceuse pour dormir.

On arrive à Roscoff, magnifique petit crachin. J’ai pensé que ce n’était pas une très bonne publicité pour ma Bretagne natale, surtout après 4 jours sans une goutte en Grande Bretagne.
Mais le crachin s’est vite lassé, vers Morlaix au bout de 20 bornes, pour faire place à…une pluie battante toute la journée jusqu’à Pontivy où je me suis arrêté et la pluie…aussi. Le soleil a tenté une seule percée dans la journée, vite renvoyé à ses études par le rideau de nuages. C’est embêtant comme image de retour en France, on comprend que certains s’exilent, et pas que pour des raisons fiscales. 

De plus ce n’est pas le climat habituel de la Bretagne. On vante souvent Embrun, au bout du lac de Serre-Ponçon, comme la ville la plus ensoleillée de France, quelque chose comme 300 jours par an. Mais ici, on fait bien mieux. 500 à 600 jours de soleil par an ne sont pas rares. Et pourquoi ? Parce que le soleil vient plusieurs fois par jour ! La pluie aussi, mais voyez plutôt le verre à moitié plein.

A partir de Morlaix, j’ai quitté le pays de l’Armor (la Bretagne de la mer) pour l’Argoat (la Bretagne des terres). Je presse le pas en direction de Callac. J’avais juste mangé un scone acheté la veille à Plymouth, je commençais à avoir faim, je comptais m’arrêter chez la pâtissière. Mais je ne sais pas qui a fait le parcours, ah si c’est moi, je ne suis passé que par des petits patelins perdus où tout était fermé. J’ai fait l’étape avec un scone dans le ventre et une barre énergétique, tout le reste des provisions énergétiques étant dans le sac sous double bache de protection, je n'allais pas m'amuser à tout ressortir. Autant dire que j’avais les crocs à l’arrivée !

Et c’est bien dommage parce que je comptais acheter un gâteau breton sur le chemin. Le Knouign aman à Lolo, c’est un peu la madeleine de Proust. Et c’est meilleur. Il faut que je vous parle du knouign aman.
Vous connaissez tous le quatre quart. Le knouign aman, c’est plutôt le deux moitiés. 50% beurre, 50% sucre en gros, on rajoute juste un peu de pâte à pain pour que ça se tienne lors de la cuisson. Un bon knouign aman, le beurre doit te murmurer à l’oreille et te pétiller à l’œil lorsque tu appuies dessus. Du sucre, de la graisse, idéal pour fournir l’énergie immédiate et différé pour le cycliste de passage. Mais attention, le vrai knouign aman, c’est à Douarnenez qu’on le fait, et ce n’était pas sur ma route. Je le sais parce qu’une fois en juillet 2010, le 22 je crois, vers 16h10 approximativement, j’étais en train de boucler une étape de mon tour de la France entre Saint-Brieuc et Douarnenez et je passe par le joli village de Locronan, à 5 kilomètres dans les terres au-dessus de Douarnenez. Et là j’ai acheté ce gâteau. Il faut dire que j’en avais un très bon souvenir, quand j’étais venu la première fois avec des copains en 1987, mais je n’arrive plus à me rappeler ni le jour, ni l’heure. Bref, quand j’ai raconté ça à mon père ! Il me l’a dit :
« Le vrai knouign aman, c’est Douarnenez ! »
J’ai répondu que ce n’était pas possible qu’en 5 kilomètres ils aient perdu la recette, mais il n’en a pas démordu, il a des principes. Ceci dit, il était délicieux et m’a bien aidé à finir l’étape, 5 kilomètres, en descente…
Mais pourquoi je dis ça, je ne sais plus au fond, c’est comme Proust, je fais des phrases trop longues.

Bref je continue ma route sous la pluie et j’arrive à Callac. Vu ce qu’il tombait, je n’avais même pas remarqué, du coup j’interroge un des rares habitants dehors pourquoi je ne vois plus de panneaux indicateur de Callac. Mais parce que vous y êtes ! Je suis reparti discrètement…

Sur le chemin, je croise des chevaux bretons. Faut que je vous parle du cheval : il m’inspire moins que la vache, le porc ou le mouton, parce qu’il ne se mange pas. A la rigueur on en retrouve parfois par inadvertance dans des plats de lasagnes avariés, mais bon. Le cheval breton, c’est du lourd. Si vous cherchez un motoculteur pour votre potager, prenez plutôt un cheval breton, il vous labourera votre parcelle en deux coups de cuillère à pot.


cousins bretons de Little big horse


Comme il pleuvait et que je n’avais rien à faire à part rouler et cogiter, je repensais à ma tournée en Angleterre. Je vous ai déjà parlé du GPS Augustin et du GPS Garmin. Mais il faut que je vous parle du GPS Anglais.
C’était à Weymouth avant-hier. Je devais poursuivre mon chemin après cette charmante station balnéaire et je m’arrête devant un habitant du coin pour rechercher un village. Il commence à m’expliquer comment y aller. J’ai cru qu’il allait me décrire le parcours pour y aller mètre par mètre ! Tout en anglais évidemment, j’ai décroché assez vite. Mais il continuait son explication. Au bout de 5 minutes je m’étais endormi sur le guidon de mon vélo, il me réveille et me dit :
« Understood ? »
Poli, je fais : « Yes ! Straight through ! »
Et effectivement, c’était tout droit.
Le GPS anglais se perd trop dans les détails…

A la fin de mon parcours, je devais passer par la côte de Mur de Bretagne et le lac artificiel de Guerlédan, qui est vidé de son eau pour six mois, ce qui n’est pas arrivé depuis 1975. Même si le poncho avait encore fait du bon travail sur cette étape, je n’avais pied qu’à partir du nombril depuis un moment déjà. J’ai donc décidé de couper direct entre les deux pour filer sur Pontivy (8 km en moins). Je me suis dit la chose suivante : la côte de Mur de Bretagne passerait parfaitement incognito si elle se situait dans le Devon en Angleterre, là-bas des murs, y’a que ça !

Et pour le lac, j’ai estimé qu’avec la quantité de flotte qu’il était tombé aujourd’hui, il y avait peu de chance qu’il soit encore vide…

Demain, la Bretagne sud, beau temps annoncé, cela fera du bien.

Sur ce, kenavo !

Quelques images:

Arrivée à Pontivy (rivière: Le Blavet)

vélo spécialisé transport d'oignons

vaches bien garées, en épi. A noter que celle du fond a du mal à finir son créneau.

St Pol de Léon

St Pol de Léon


Et demain ? Nantes ! J'y suis né, c'était il y a 52 ans. Hébergement prévu en hôtel 5 étoiles: chez mes parents.

Rappel du parcours : tous les parcours dans l’article « Mes parcours » du mois de juin

Remerciements :
A Aline Gadin, du Pontivy journal.

Demande :
J’aimerais bien retravailler mes chroniques saisies au jour le jour de mon itinérance dans le but d'une publication, alors si jamais vous avez un ami qui aurait un ami qui serait ami avec un éditeur, ça m'intéresse.

dimanche 2 août 2015

Once upon a time in the west !

Etape 23: Exminster - Plymouth     96 km     Dénivelé: 1 570 m


kilométrage total depuis le départ: 3 227 km

Météo: beau temps - vent modéré favorable -  Plymouth 23°


Il était une fois dans l'ouest donc le voilà c'est ici. Mon point ouest est atteint (Plymouth). Après Bregenz en Autriche pour l'est, Amsterdam en Hollande pour le Nord, il ne reste plus que le point sud (Aix en Provence)

L'étape était courte mais violente. 20 % c'est la pente maxi relevée dans le parc naturel de Dartmoor.



Encore mieux (ou pire...) qu'hier. Là on était plus loin du col du Grand Colombier fait la première semaine avec les Rugissants, avec des passages à 22 %.
Bon, 20% avec les bagages, ça passe moyen, avec le triple plateau on s'en sort mais pas à plus de la vitesse d'un piéton. On reste juste sur le vélo par fierté...ou par habitude, ça fait 23 jours que je roule. Je crois qu'il va me falloir une rééducation pour réapprendre à marcher après le tour.

Le début de l'étape sur des routes très étroites, un vélo et une voiture se croisent à peine.



Aujourd'hui une pépite, et une pépite ça se paye cher. Le parc naturel de Dartmoor, dans le Devon, entre Exceter et Plymouth, on est à l'isolement. Des paysages superbes, grosse ressemble pour ceux qui connaissent avec les monts d'Arrée en Bretagne, mais un peu plus haut puisque le sommet culmine à 420 m. Et des côtes de malade !

Prenons une image rugbystique pour décrire ces routes anglaises. A la fin d'un match Angleterre - France, un journaliste interroge le célèbre international français de l'époque, Walter Spangherro, un dur à cuire, sur le match:
ce dernier répond tranquillement avec son accent rocailleux du sud-ouest, alors qu'il a le visage tuméfié, du sang plein le maillot, et des dents qui manquent:
"viril, mais correct."
C'est un peu ça les côtes de ce magnifique parc de Dartmoor, peuplé de plus de moutons, vaches et chevaux en totale liberté, que d'habitants. 

on peint les moutons pour mieux reconnaitre les troupeaux de loin

petit cousin anglais de Little big horse


vaches les pattes au frais

route pour monter au ciel



Ce parc, c'est l'isolement et le lieu rêvé pour de longues randonnées à pied. A vélo c'est très bien aussi, mais il faut mieux être bien entraîné, sinon ça ne passe pas...

Comme les Anglais exigeaient que je leur rende l'heure que j'avais pris en rentrant dans ce pays, moi j'ai exigé qu'ils me rendent tous mes mètres de dénivelé grimpés dans la journée. Et c'est ce qu'ils ont fait, puisque les 20 derniers kilomètres, je n'ai eu que de la descente jusqu'à Plymouth.

Plymouth, le dernier "mouth" de la tournée anglaise, pour la bonne "mouth"...




Relaxation sur le port, bière au pub où j'écris cet article, abreuvé aussi de cette excellente musique pop rock anglaise. Quatre jours en Angleterre, sous un temps radieux, qui a dit qu'il faisait toujours mauvais ici ? Un bien beau souvenir.

Le ferry, départ à minuit pour Roscoff en Bretagne. Le même que celui  qui quittait le port quand je suis arrivé, non heureusement ce n'était pas le mien. Pas de douche car pas de cabine réservée, pas de couchette, je vais m'installer au bar et normalement avec l'odeur je devrais disposer d'un espace à plusieurs sièges au cours de la nuit...  :-)

ça m"arrangerait, car le ferry doit arriver à 8h demain matin à Roscoff, et j'ai une étape à faire jusqu'à Pontivy...

le ferry de la Brittany Ferries



samedi 1 août 2015

Côte Jurassique, côtes saignantes !


Etape 22 : Bournemouth (GB) – Exminster (GB)  149 km ; dénivelé : 1 800 m


Kilométrage depuis le départ : 3 131 km

Météo : Beau temps puis couvert. Vent modéré latéral.  Température : 20° à Weymouth


La journée commence par un petit déjeuner anglais, y’a pas mieux dans le genre. Entre les toasts, les œufs au bacon plus galette de pomme de terre et les céréales, il ne manque rien. Avec ça, je peux tenir au moins jusqu’à 14 heures, avant que mon estomac ne se rappelle à moi.

Hier soir après l’errance lamentable de la journée, perdu dans la campagne anglaise pendant 35 kilomètres, j’ai eu une explication sévère avec moi-même : je me suis pris à part entre 2 yeux et je me suis dit mes 2 vérités. Mais je ne me suis pas vexé, je l’ai bien pris.

Alors aujourd’hui, road book à la lettre, en plus il n’y avait pas de ville importante à traverser, ça a roulé tout seul. Enfin tout seul…comment évoquer la côte Jurassique, classée au patrimoine mondial de l’Unesco ? D’abord c’est quoi, la côte Jurassique : les fossiles le prouvent, il s’agit des restes d’une mer qui couvrait une partie de l’Angleterre et allait jusqu’au bassin parisien. Vous n’étiez pas né à l’époque, c’était il y a plus de 100 millions d’années. Une époque qui pourrait revenir rapidement si vous continuez à réchauffer la planète et que l’eau monte. Désolé mais moi avec mon vélo, je fais des efforts.
Un très bel endroit, mais sans pitié pour le cycliste, j’y reviendrai.




J’ai commencé en fêtant au kilomètre 18 le passage des 3 000  kilomètres. Une cérémonie très sobre, une gorgée de ma meilleure boisson énergétique a suffi. 

Puis j’ai doublé un petit papy à vélo. On discute un peu, 90 ans le bougre, il fait toujours ses deux sorties vélo de 40 km, été comme hiver, chapeau ! Je lui parle des routes dangereuses pour les cyclistes dans cette région. Il me dit « follow me. » Ok, je follow. On est passé par des chemins plus que des routes, dix kilomètres à l’écart de toute circulation. Royal.





Je poursuis seul l’exploration de leur Kingdom for a (Little big) horse. « Mon royaume pour un cheval. » C’est idiot, ça ne vaut pas !

La route est assez plate pendant les cinquante premières bornes, ce qui veut dire que les 1 800 m de dénivelé arrivent d’un coup ! La côte Jurassique, d’un point de vue de la route, c’est une succession de côtes, on devrait dire des murs car chacune contient un long passage avec pente entre 12 % mini et 15% maxi, indiqué par des panneaux.
Oui, l’Anglais trace droit, quand il voit de la pente, il s’en fout, pas le genre à s’embêter avec des lacets. Et puis de toute façon l’Anglais est le plus souvent motorisé, très peu de vélos dans ce pays. Il faut dire que c’est dangereux pour un cycliste, l’Angleterre. Routes sans aucun dégagement latéral et bondées de véhicules, deux voies qui deviennent des quatre voies sans prévenir. Et comme il y a un reseau de routes beaucoup moins dense qu’en France, pas facile d’être au calme. Et autant le British dans sa version fantassin est charmant, autant l’automobiliste roule vite et prend peu de distance avec le cycliste. Usant à la longue !

Ça changera peut-être avec « Froom-Froom », il devrait y avoir plus de vélos sur les routes. Encore que pour savoir s’il a vraiment gagné le tour 2015, j’attendrai 2025 pour être sûr… Regardez Amstrong, il fait un trou de 7 sept ans dans le palmarès…
Enfin moi je ne prends rien, et c’était bien le problème aujourd’hui, avec ses sacrés murs pour cyclistes.

Les deux premières côtes, tu les consommes avec appétit, à partir de la troisième cela devient de la gourmandise, alors je ne vous raconte pas dans quel état j’erre à la dixième…
Ces côtes, elles te saignent à vif. J’ai l’habitude de me faire saigner, je donne mon sang. Mais là on te prend une petite poche et on te laisse repartir avec le reste, et en plus on te donne un sandwich. La côte Jurassique, c’est l’inverse, elle te prend tout et te laisse juste une petite poche pour la survie. Quand je suis arrivé à la dernière, j’ai dit :
« Désolé, j’ai déjà tout donné… » Il me restait bien ma petite poche discrètement cachée, je suis malin, j’espérais passer la côte « à l’œil ». Elle m’a regardé de haut et m’a dit :
« Ça fait rien, je prendrai autre chose. » Et je crois qu’elle a pris un peu de gras, je n’en avais plus sur moi en arrivant.

Evidemment, compte tenu de la pente, tu fais les descentes à tombeaux ouverts. J’ai laissé le mien ouvert heureusement. En plus tu n’as pas envie de ralentir, faut pas gâcher de la vitesse, c’est toujours ça de pris sur la côte suivante, où tu es scotché un long moment entre 5 et 10 km/h maxi. Je me serais presque cru revenu dans le col du Grand Colombier dans les Alpes…

Ave ces efforts, je m’arrête pour ravitailler au village de Lyme Regis, à 50 bornes de l’arrivée, village que tu ne peux quitter que par une côte à 14 % d’où que tu viennes. Le cycliste qui habite ici, il faut qu’il change de sport. Il n’a plus qu’à faire de la voile.

La voile parlons-en : je suis passé par Weymouth, très jolie petite cité balnéaire qui était le site des épreuves de ce sport lors des jeux olympiques de Londres en 2012. Pourtant très peu de voiliers sur l’eau. Pour l’atteindre, gros bouchon automobile, heureusement je suis à vélo. C’est le Saint-Tropez local et nous sommes samedi.






Mais reprenons au lieu de nous disperser.
A Lyme Regis, les côtes ça creuse. Je vais voir la pâtissière locale et lui achète des scones. J’en profite pour lui dire que ce n’est pas raisonnable de telles montées. Elle s’en fiche, elle se contente de faire des gâteaux. Et de les manger visiblement…

Sur le chemin, beaucoup d’animaux. Des moutons, j’en ai déjà parlé, mais là c’était des vaches. Faut que je vous parle des vaches.




Voilà un animal assez peu considéré, et pourtant. Avez-vous déjà vu l’intérieur d’une vache ? Moi oui, lors de mes études d’agronomie. 4 estomacs, ça ne vous dit rien ? Il est clair que l’on peut en ranger de l’herbe à l’intérieur, mieux que le bac de votre tondeuse ! La vache est un animal formidable. A la partie principale, l’estomac, vous rajoutez une tête à l’avant pour brouter l’herbe et quatre pattes pour explorer tout le pré. A l’arrière vous montez une grosse mamelle. Et vous obtenez quoi ? De l’herbe qui rentre d’un côté, du lait qui sort de l’autre. Alors je dis, respect ! Vous pouvez même en cas de coup dur, boire un verre dans le champ, mais attention là encore à ne pas confondre avec un taureau, sinon y’a encore plus grosse embrouille qu’avec le bélier ! Ceci étant vous ne risquez rien, il n’y a pas de taureau dans les troupeaux de vaches laitières. Comment ça, vous ne savez pas reconnaître une vache à lait ? Demandez à un paysan ou à votre banquier. Et il faudra venir faire un petit stage à la campagne.
Et sans compter qu’une bonne côte de bœuf cuite au feu de bois…

Plus loin, je tombe sur des cochons de luxe élevés en plein air. Faut que je vous parle du cochon.





Il a mauvaise réputation, on lui reproche de vivre dans une porcherie ! Mais vous croyez que c’est facile de rester propre quand on a un petit costume rose et qu’on vit à la campagne ? Alors moi je veux dire du bien du porc. Elevé en plein air avec des tentes Decathlon pour se protéger des intempéries, il est bien le porc. Et du coup, son jambon est bon ! Et que seraient les galettes complètes chères à mon cœur sans jambon ? Alors, s’il vous plait, regardez le cochon d’un autre œil.

Et à part ça ? Je suis content de ma maîtrise de la langue anglaise. Encore qu’hier à la gare de Southampton, pendant que j’attendais le train pour Bournemouth je discutais avec deux Anglais d’un certain âge, pour savoir notamment où il fallait se mettre pour monter dans le train avec son vélo. Je croyais que mon bel accent d’Oxford (ou de Cambridge) faisait son effet. Et puis au moment de monter dans le train, celui dont j’ai du redescendre aussi sec, le premier me dit. « Je croyais que vous étiez Polonais ». Heureusement le deuxième le regarde et ajoute : « Non, j’ai tout de suite compris qu’il était Français. » Dans les deux cas, on est loin d’Oxford…

Et au bout de la journée, j’ai fini l’étape, rincé, comme on dit dans le jargon cycliste !  



Et demain : ralliement du point cardinal ouest du parcours : Plymouth

Pas de résumé avant après demain (sauf opportunité) pour cause de nuit sur le bateau : traversée Plymouth (GB) – Roscoff (F). Départ minuit. Je ne publie pas le dimanche.
De plus je n’ai pas pu avoir l’adaptateur électrique qui permet de se brancher sur les prises électriques anglaises ce soir, donc je vais être juste en batterie et économiser jusqu’à l’arrivée à Pontivy lundi soir. Pas sûr que ça tienne 2 jours.

Rappel du parcours : tous les parcours dans l’article « Mes parcours » du mois de juin