dimanche 26 juillet 2015

Flâneries en Maas


Etape 16 : Maastricht (Pays-Bas) – Arnhem (Pays-Bas)  167 km ; 405 m de dénivelé


Kilométrage depuis le départ : 2 280 km

Météo : Beau temps. Vent modéré favorable. Température : entre 20 et 25° (22° à Nijmegen)

Vous êtes plutôt brique rouge ou brique peinte ?


Les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Large soleil aujourd’hui, ça ne se couvrira qu’en fin de journée avec de la pluie à Arnhem…après mon arrivée. 167 km le vent dans le dos, et tout plat en plus, ça vous requinque un cycliste, après la journée d’hier !

Je suis donc parti ce matin pour  descendre le cours de la Meuse. On ne s’est pour ainsi dire pas quitté. Je dormais à Lanaken en Belgique des Flandres, à 5 km de Maastricht, pas loin de la Belgique Wallonne, à deux pas de l’Allemagne et collé à la Hollande, puisque je vous dis que celui qui a tracé les frontières ici avait bu…

Donc il me fallait rejoindre la Meuse pour commencer. Comme je croyais être en Belgique Wallonne, j’ai dit à un autochtone :

« la piste cyclable pour la Meuse, s’il vous plait. »

« ? » qu’il me répond. Il a du croire que j’étais Wallon, et comme il y a bisbille, lui le Flamand s’est énervé. Vous avez tous vu des flamants roses, mais avez-vous vu des Flamands rouge…de colère ?

Je me suis repris, j’ai contre-attaqué en anglais :
« The river, if you please ? »

« Aaah, Maas ! »

« C’est ça ! »

Donc vous savez maintenant et moi aussi que la Meuse en Flandres s’appelle Maas. D’où le nom de Maastricht, pour la signification du « tricht », vous chercherez vous-même, j’en ai marre de vous mâcher le boulot. Ça doit être mon côté prof.

Donc je suis parti plein nord, sur les pistes cyclables innombrables qui longent la Meuse, d’abord rive gauche puis à mi-parcours, rive droite.

Il faut que je vous parle un peu de la Meuse, c’est, comment dire, une rivière volage. Née en France, dès l’adolescence elle a fuguée en Belgique. Devenue adulte, elle lui fait des infidélités pour gagner la Hollande et change de nom pour se refaire une virginité, Meuse devient Maas. A partir de là elle commence à faire des clins d’œil appuyés au Rhin qui coule peinard sur son flanc est, mais ne se donne pas à lui tout de suite. Le genre aguicheuse, et puis « mais non je ne suis pas celle que vous croyez… »
Le Rhin il s’en fiche, il sait que tôt ou tard elle se jettera dans un de ses bras.

La Meuse (Maas)


Il faut que je vous parle des pistes cyclables en Hollande. Ici les gens naissent avec des roues et savent faire du vélo avant de savoir marcher. Remarquez, moi aussi…



Les pistes cyclables sont partout, et c’est ce qui fait que si ce pays n’est pas le plus beau pays du monde car trop plat et donc limité en variété, c’est l’un des plus agréables à vivre. Tout est conçu pour des déplacements urbains et inter-urbains apaisés, un régal. Seul petit bémol : les pistes cyclables sont identifiées par des numéros, rarement par des noms. Alors quand on est cyclotouriste de passage, on a un peu l’impression de jouer au loto. J’ai dû tirer 3 bons numéros sur 6 ou 7, ça ne rapporte rien, à part douze kilomètres de rab. Moi à leur place, et si je peux me permettre en tant qu’hôte de passage, je mettrais le nom du prochain village au début de chaque piste. Enfin je dis ça comme ça. Mais pas de souci, du moment que je garde le vent dans le dos !

Au passage, j'ai croisé plein de groupes de Rugissants locaux.  :-)

en mouvement...
au café, de l'autre côté de la rue



Les 25 derniers kilomètres, entre les villes de Nijmegen et d’Arnhem, j’ai fait le trajet avec une étudiante hollandaise de 21 ans, Mariel, super sympa, qui à 26 km/h sur son vélo hollandais pas vraiment fait pour la pratique…du vélo, m’a emmené jusqu’à mon hôtel. Sportive et sympa, mais elle aussi bien que locale a parfois eu du mal à trouver la bonne piste, comme quoi tout ne vient pas de moi !



Sur le trajet de l’étape j’ai flâné. Quand on rate une piste cyclable, on prend la suivante, ce n’est pas vraiment un problème. On est toujours dégagé des voitures, qui en plus sont prévenantes pour les cyclistes, vu que tout automobiliste hollandais est aussi un cycliste. Il y avait beaucoup de circulation à vélo et de bateaux sur la Meuse. Régulièrement il y a des petits bacs qui font la navette, j’en ai pris un, pour franchir 200 m de rivière, un petit moment exquis.

le bac

petit coin de paradis ?



Sur le chemin, j’ai vu aussi une vache monter sur une autre. Cette dernière s’est retournée et avec son regard de vache si expressif, a fait :
« M’enfin ! Ça va pas non ? »
 Visiblement, c’est le taureau qu’elle espérait.

Comme je suis une sorte de pèlerin sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle, sauf que moi je vais quatre fois plus vite que le pèlerin à pied, et puis aussi je vais vers le nord et lui vers le sud, et puis je suis athée, bref ça n’a donc rien à voir mais si je vous raconte ça c’est parce que moi aussi sur le chemin je me pose des questions existentielles sur le sens de la vie. J’ai voulu d’ailleurs en parler à Dieu une fois mais il m’a dit :
« Si tu veux la réponse, va falloir que je te garde. »
J’ai dit « ok, rien ne presse. » et j’ai poursuivi mon chemin, j’ai encore des choses à vivre dans ce bas monde.

Mais pourquoi je vous explique tout ça. Je crois bien que je me suis perdu dans mes flâneries…

Ah j’oubliais : dans l’après-midi, je commençais à avoir un peu faim. J’ai pensé que c’était le moment d’aller voir la pâtissière. Mais j’avais oublié qu’on était dimanche…

Le Rhin à Arnhem

la gare


  
Et demain ? 

Amsterdam ! Mon point cardinal nord de ce voyage. Après je commencerai ma redescente. J’ai calculé que si je continuais à filer au nord 150 km tous les jours, j’allais finir au pôle avant la fin août, il faut savoir être raisonnable.

Tous les itinéraires des parcours dans l'article "les parcours" du mois de juin



samedi 25 juillet 2015

Tempête dans les Ardennes, Lolo prend l'eau !


Etape 15 : Wiltz (Luxembourg) – Maastricht (Pays-Bas)  145 km ; 1250 m de dénivelé


Kilométrage depuis le départ : 2 113 km

Météo : Temps épouvantable, déluge d’eau, vent violent. Température : 15° à Maastricht !



le départ avant le drame...

auto focus

cousin belge de Little big Horse

Little big horse bâché


Le temps se gâte, j’aurais dû m’en douter. 

Tout avait commencé hier soir. Vers 17h, j’arrive à Wiltz, petite bourgade au nord du Luxembourg. Mon auberge est une ancienne tannerie reconvertie. Je crois être arrivé et puis je ne vois que des petits vieux. Je me dis : « mince, j’ai dû confondre avec la maison de retraite… » 

Mais non, c’est bien là. Wiltz a un festival en plein air de chants lyriques, je me croirais presque revenu à Aix en Provence. Moi je n’ai rien contre, mais je m’y connais autant en chants lyriques qu’en tapis persans. Vers 21h, il commence à pleuvoir fort. Mal barré pour le spectacle, me dis-je. Mais en fait non, ils ont un chapiteau, tout le monde est à l’abri me dit la patronne de l’hôtel. Enfin sauf les pauvres, à qui on passe généreusement une protection pluie. 1500 personnes, tout le monde n’est pas à couvert, élitiste jusqu’au bout le Luxembourg.

Vers 22h30, je m’apprête à dormir, pour une fois que je peux me coucher tôt. Mais le ténor, ou le baryton, puisque je vous dis que je n’y connais rien, hausse la voix. J’irais bien lui dire qu’il y en a qui voudraient bien dormir, mais j’ai peur de déranger. Mon oreiller sur la tête, ça passe. Je me demande si ce n’est pas lui qui fait pleuvoir car le lendemain matin il pleut toujours avec un vent fort.

Je quitte le Luxembourg sans regret excessif, avec l’impression d’avoir rencontré « des gens peu primesautiers au-delà du raisonnable » comme disait Desproges.

Equipement pluie, 2 bâches pour les affaires, un poncho pour moi. Alternance d’averses et de rares éclaircies et puis au kilomètre 30 j’entre en Belgique, version Wallonne. 




Les Ardennes présentent un décor agréable avec mosaïque de couleurs dans les champs, des bosquets et des forêts. Côté ciel, c’est plutôt… cinquante nuances de gris. Et puis bientôt, une nuance de noir.

Je passe le cap des 2 000 kilomètres. Bah, pas besoin d'arroser ça, la nature s'en charge très bien. D'ailleurs j'ai fait du 0,5 litre au 100 km aujourd'hui, le bidon m'a tenu la journée. Il faut dire qu'avec ce qui me tombait direct du casque, j'avais l'eau à volonté...

Le déluge commence et ne s’arrêtera plus jusqu’à l’arrivée. C’est la grosse tempête avec bourrasques de vent dans tous les sens et il tombe des cordes. Pendant 110 km, jamais vu ça !
C’est long dans ces conditions, 110 bornes…

Le vent est parfois favorable, petite consolation, parfois de côté et déstabilisant, il a failli réussir ce que les camionneurs de la plaine du Pô n'ont pas réussi, m'éjecter de la route. Quand il est de face, c'est scotché à la route avec une vitesse à faire pâlir un piéton. Heureusement, globalement je suis quand même dans le bon sens.

Au kilomètre 80 j’arrive à Francorchamps, là où il y a le circuit automobile (un des plus beaux du monde entre parenthèses). D'ailleurs il y a un bouchon de plusieurs kilomètres pour aller au circuit assister aux 24 heures de Spa-Francorchamps. Eh bien je leur souhaite bien du plaisir dans ces conditions, moi 7 heures me suffiront.

J’entre dans une boucherie pour demander mon chemin, oui quand il pleut fort, il n'y a personne dehors, si on veut des infos il faut entrer chez l'habitant.  Je veux savoir si ma route passe par Spa pour aller à Theux et en passant par Spixhe, enfin une histoire de fou.
Le boucher me dit :
« Ah oui, c'est la bonne route, mais faut d’abord passer par « Spain ».
Comme je ne reconnais pas mon Spa à moi et que ça me semble facile comme nom vu qu'on parle la même langue, je lui dis.
« Spain, c’est Spa ? »
Et le dialogue continue :
« bah oui, Spain, vous dites comment vous ? »
« euh, Spa »
« oui, comme moi ! »
Comme je ne veux pas l’énerver vu qu’il est lourdement armé (toute une batterie de couteaux de bouchers…) je décide d’aller à « Spain »...


la ville de Spa. Dites "Spain"...



Il pleut, il vente, il fait 15°, mais où est ma canicule chérie ! Heureusement le poncho permet de garder les œuvres vives au sec, par contre les pieds et les mains baignent dans l’eau froide. Les protections pluies des bagages résistent aussi, après ce qu’elles ont vu aujourd’hui, je peux envisager l’Angleterre sereinement avec mes deux sacs poubelle.

Dans ces moments, l’entraînement et la motivation sont essentiels. Et il faut un caractère bien trempé pour continuer, pour le reste du corps la pluie s’en charge très bien. J’espère qu’il a plu pour quinze jours au moins !

J’arrive enfin au Pays-Bas, Maastricht est une petite enclave coincée entre Belgique et Allemagne. J’ai la ferme volonté de renégocier ce traité de Maastricht de 1992 qui nous pose tant de problèmes. Mais ma tenue, ce n’est pas le costume trois pièces. 




La Meuse à Maastricht



Alors je laisse tomber les institutions et je décide d’aller à la boulangerie-pâtisserie.
Très énervé par ce temps abominable, je déballe mon sac devant la pâtissière. Je n’oublie rien, l’Europe sociale qu’on a oublié de faire, les paradis fiscaux au sein même de l’Europe (je lui parle du Luxembourg), le dumping entre les pays, les dettes qui enflent, les Grecs à la dérive, les Portugais pas fringuants, les Français qui vivent au-dessus de leurs moyens, l'Allemagne de Merkel,  tout y passe !

La pâtissière, elle m’a écouté, elle avait des étoiles dans les yeux…

Et vous savez ce qu’elle me répond, dans un français impeccable, en tout cas bien meilleur que mon hollandais :

« Moi vous savez, je me contente de faire des gâteaux. »

Totalement désarçonné, je décide de lui en acheter un.

En plus avec l’euro, on a la même monnaie…
  


Et demain ? cap au nord toujours, direction Arnhem.

(Tous les parcours dans l'article "Les parcours" du mois de juin)

vendredi 24 juillet 2015

Régime avec selle pour Duché sans saveur

Etape 14 : Saint Avold – Wiltz (Luxembourg)  151 km ; 1750 m de dénivelé


Kilométrage depuis le départ : 1 968 km

Météo : Beau temps, plus couvert dans les Ardennes. T° entre 25 et 30° (28° à Luxembourg) - Vent faible favorable.


Aujourd’hui, j’ai quitté la France par le haut pour pénétrer au grand Duché du Luxembourg. 

Alors le Luxembourg, comment vous dire ? Ce qui me vient spontanément ce sont des saillies du regretté Coluche :

« Déjà que des gens y vivent, j’vois pas, mais que d’autres y aillent… »
« Bon allez, on prend une photo et on s’casse ! »

Et c’est ce que j’ai fait :

Luxembourg


Au Luxembourg, on parle 3 langues. Le français (c’est la moindre des choses !), l’allemand (si ça les amusent…) et le luxembourgeois (ne me demandez pas à quoi ça ressemble).

Je suis entré au Luxembourg après 60 kilomètres de route en Lorraine, par Schengen. Si certains se demandent d’où vient l’espace Schengen, c’est là. Petit village situé sur la rive gauche de la Moselle et adossé à des coteaux remplis de vignobles. 




J’ai ensuite continué sur Luxembourg, la capitale du ? Oui, ils manquent un peu d’imagination on dirait.
Comme toute ville importante inconnue, c’est compliqué d’en sortir dans une direction donnée. Et beaucoup de circulation, j’ai failli prendre une bretelle d’autoroute par mégarde. Je pensais qu’après ce serait plus calme, sur la carte j’avais l’impression d’avoir affaire à une route de campagne. Mais ici point de routes départementales, donc cheminement avec du trafic et des camions et aucun dégagement latéral, les vélos ne sont pas à la fête. Enfin c’était un peu mieux sur les 30 derniers kilomètres.

J’ai regardé les plaques d’immatriculation des voitures, que des luxembourgeoises ! Faut croire que personne ne vient ici, ou alors juste pour du tourisme fiscal. Alors je me suis dit, faut que tu fasses vivre ce pays dans lequel tu passes. J’ai décidé d’avoir un geste fort: 

Je me suis arrêté dans un petit bourg pour manger. 
J’ai pris un croque-monsieur, un gâteau et une boisson, 9,50 €.
La pâtissière, elle en avait les larmes aux yeux de voir un touriste dans son établissement.
Je lui dis, grand seigneur, « gardez la monnaie. »
La pâtissière, elle avait des étoiles dans les yeux ! Elle me dit :
« Installez vous en terrasse, je vais tout vous amener, vous serez bien ! »
En fait sur la terrasse, ce sont surtout les guêpes qui sont bien. Une première tombe dans mon jus de fruit. Je l’essore pour récupérer le jus de fruit qu’elle m’avait piqué avant de l’écraser. J’en tranche une deuxième avec le couteau et j’en coince une troisième dans un verre retourné. Faut pas m’embêter quand je mange !
Quand elle m’a vu faire, la pâtissière, elle avait les yeux qui brillent.
Je m’apprêtais à repartir, et là, la pâtissière elle me dit :
« Emmène-moi avec toi dans ton pays, bel étranger ! »
Alors j’ai dit :
« Holà, on se calme. D’abord « bel » ça reste à prouver. Ensuite Little Big Horse il est déjà au taquet avec ses 15 kilos de chargement. Mais peut-être un jour, un autre étranger s’arrêtera ici et il t’emmènera avec lui… »
La pâtissière, elle est rentrée dans son établissement contrariée.

Je suis donc reparti le cœur vaillant mais les jambes un peu molles dans ce pays qui ne m’inspire pas tant que ça. Je n’ai fait que monter-descendre, c’est bien simple un moment je me suis dit, ça va durer longtemps ce cirque !

En plus après 2 semaines de route je commence à avoir des effets secondaires.
Peut-être est-ce dû à la chaleur, mais j’ai cru voir la pâtissière toute nue me faire coucou dans un champ de blé. Le temps que je m’arrête, elle avait disparu. Un mirage dans les céréales !

Quand on part pour un voyage comme le mien, il y a un côté mystique qui se créé au fil des jours, et pourtant je ne suis pas religieux. Je compare souvent cela, au rapport de l’Indien avec sa terre, il n’est pas l’occupant d’un territoire comme l’homme blanc, il fait partie intégrante de son territoire. Or depuis quelques jours un aigle, ou un autre rapace, je n’y connais rien, vole au-dessus de moi à certains moments de la journée. Et là, je me sens indien. Et ce qui corrobore mon sentiment, c'est que j’ai déjà des caractères « peaux-rouges » : 

le visage et les fesses…

Je suis un régime : je perds un kilo tous les mille kilomètres. Sachant que je pesais 72 kg au départ, plus que 70 à Strasbourg (balance certifiée Augustin, aussi précise que le GPS), combien puis-je faire de distance avant de ressembler à un sac d’os ? La réponse est 5000 km maxi. En 2010, j’avais fini à 67 kg.  Je ferai remarquer pour ceux ou celles qui seraient intéressés, que mon régime n’a que des avantages : on ne se prive de rien, je ne mange pas je bouffe, mais ça ne surprendra pas ceux qui me connaissent. Et je maigris doucement, sans effort, enfin si, 150 km de vélo par jour en moyenne.

Mais parlons un peu matériel maintenant. Un rapide examen en images pour vous montrer qu’on peut voyager léger (à vélo, le poids c’est l’ennemi), avec juste un petit merdier de campagne :

moteur bicylindre 300 W

et maintenant déballons le sac:

tenue de soirée


cellule de dégrisement

centrale énergétique

centre de maintenance et de réparation

cellule grise

centre de reportages et communications (manque l'appareil photo et vidéo qui prend...la photo)

cellule de détente et relaxation

cellule de crise

protections pluie

machine à laver & sèche-linge

1 réservoir principal et 2 auxiliaires

trousse de toilette

 Liste non exhaustive...



Si je vous parle de tout cela vous l’avez compris, c’est parce que pour ce qui est de l’étape…
Oui, le Luxembourg, on peut s’en passer.

Et demain ?
Je franchis les 2000 km. Je finis à Maastricht histoire de renégocier ce traité un peu bâclé en 1992, que maintenant on ne sait plus quoi faire des Grecs…

Changement d'ambiance aussi côté météo, pluie prévue et 16° dans les Ardennes belges.


(Pour voir les parcours de chaque étape, allez dans l'onglet "les parcours", article du mois de juin.)  

Et pour finir, quelques photos insolites:

botte de paille oubliée ?
qui est le plus fatigué ?


jeudi 23 juillet 2015

GPS Augustin


Etape 13 : Strasbourg – Saint Avold  128 km ; 970 m de dénivelé


Kilométrage depuis le départ : 1 817 km

Météo : Beau temps. T° entre 25 et 30° - Vent nul puis modéré défavorable l’après-midi.

Un jour en France, de l’Alsace à la Lorraine. Je viens de réaliser pourquoi je n’avais plus de problème de langue. Moi qui commençait à peine à parler l’étranger, et encore pas partout le même étranger ! Ce n’est pas grave, demain j’y retourne pour un deuxième stage d’immersion linguistique en mouvement.

Aujourd’hui réveil tardif, il faut dire que je dormais chez l’habitant. L’habitant, en l’occurrence mon ami Augustin, qui décidément ne néglige pas la qualité de service, m’accompagne sur les 90 premiers kilomètres de l’étape.

Connaissez-vous le GPS Garmin ? Les cyclistes évidemment. Très efficace, installé sous forme d’un petit boitier sur le guidon, il permet de rentrer son itinéraire du jour et de se faire guider sur le parcours. Je n’utilise pas de GPS, je préfère les cartes. Une carte ça vous parle. Elle vous dit, tiens je t’emmènerais bien par ici, là je te verrais bien passer par là, une carte c’est une émotion à venir. Et puis on comprend mieux où on est.

Mais vous ne connaissez pas le GPS Augustin. Aussi efficace que le Garmin, en plus il vous parle, vous fait bien rigoler, et explique les centres d’intérêts sur le parcours, enfin il ne bogue quasiment jamais. Seul inconvénient du GPS Augustin, son logiciel ne couvre que l’Alsace. Quand nous avons quitté la région Alsace pour entrer en Lorraine, le GPS Augustin s’est mis en pause, mais ne m’a pas laissé en rade pour autant. Nous sommes repassés en mode de secours (cartes routières) tout simplement.

GPS Augustin et moi

Nous sommes partis à 10h de Strasbourg, aussi tard, jamais vu ça depuis le début du périple ! 

Strasbourg est une cité belle et agréable à vivre ! 



Pour mon goût, il ne manque que la mer (ou un grand lac) pour friser la perfection. Nous n’avons fait que des pistes cyclables pour nous évader de la ville sans même nous en rendre compte, en pleine nature à l’ombre des arbres et le long de charmants canaux. Près de 40 km au total avant de récupérer des routes. Cigognes, hérons et autres oiseaux parfois à dix mètres, un régal. Et tout plat, en plus. 




Ensuite la route se redresse un peu, d’abord dans les vignobles d’Alsace, puis dans les contreforts des Vosges, mais sans être bien méchante.

Arrêt à Saverne pour une pause repas. Excellente pâtisserie et restauration en centre ville. L’occasion d’entendre parler lorrain, à savoir du français avec un fort accent, comme souvent en France. En Suisse ils changent de langues d’une région à l’autre, nous d’accent, avouez que c’est quand même plus simple pour tout le monde.
Avant de repartir avec nos bidons et nos ventres bien remplis, la pâtissière qui est un peu forte,  nous explique qu’elle aussi faisait du vélo dans le temps, elle montait le Mont St Odile pour aller à la messe ! Quiconque a déjà fait le Mont St Odile à vélo comprendra pourquoi presque plus personne ne va à la messe…

Sortie de Saverne, longue bosse, nous doublons un autre cycliste apparemment itinérant vu la taille de son sac à dos, qu’il porte sur le dos ! Pour moi la place d’un sac à dos à vélo c’est sur le porte-bagages ou alors tu n’as rapidement plus de dos. Il nous demande si c’est encore loin Epinal. Etrange question, à laquelle nous sommes malheureusement obligé de lui répondre : oui…

Nous pénétrons en Lorraine.
Je garde un bon souvenir de mes 3 ans en Lorraine, pour mes études à Nancy, c’était il y a déjà longtemps. Pour un breton, la Lorraine c’est trop loin de la mer. Non si je garde un bon souvenir de la Lorraine, c’est pour les Lorrains, des gens chaleureux.
Pour Augustin et moi c’est l’heure de la séparation. Mon guide a une belle condition physique parce que ce n’est pas son matériel qui l’aide : un VTT qui couine, pas de chaussures vélo, pas de cuissard vélo, pas de gants vélo, le casque quand même. Lui retourne à Saverne  monter dans le train avec son vélo jusqu’à Strasbourg. Moi je poursuis jusqu’à Saint Avold dans un paysage de céréales moissonnées et de balles rondes de paille.





La route enchaîne les bosses, je ne croyais pas monter autant pour gagner cette ville. Si la route se lève, le vent aussi et vient me gratter la face. Autant dire qu’il me retarde et me fatigue, mais bon c’est son droit. La température avoisine à peine les 30°, autant dire de la fraîcheur après plus d’une dizaine de jours à plus de 35°.



A Saint Avold se trouve le plus grand cimetière militaire Américain d’Europe pour les combattants des deux guerres mondiales. J’arrive trop tard pour y faire un tour, non par morbidité mais par respect pour ces hommes. J’avais déjà ressenti la même chose en 2010 en passant à Verdun et au cimetière américain de Colleville sur mer, au-dessus d’Omaha Beach. La trajectoire de ces jeunes hommes et leur fatale destinée me touchent. Jeunes héroïques d'époques pathétiques.

Je finis ma journée sous un beau ciel riche en nuages élégants. Restons sur cette image.







Quelques remerciements :

A Vanice et Augustin pour leur accueil au top.
A Augustin pour son humour, sa gentillesse et sa débrouillardise.
A Hélène Gully, journaliste aux Dernières Nouvelles d’Alsace (et son photographe) pour un bel instant éphémère dans un café face à la cathédrale de Strasbourg et un article appelé à durer sur mon bureau :-)
A Olivia Fortin, journaliste au Républicain Lorrain (et son photographe) à l’arrivée à Saint Avold.
Et sans oublier Nathan Conan, journaliste au Dauphiné Libéré qui m’a envoyé en PDF, un article à paraitre dans son journal suite à notre rencontre à Annecy, ça me parait déjà loin, que de kilomètres parcourus et de beaux moments !